Quand
les regards se tournent vers Tunis
Khaled Ben Sedrine nous fait part au travers de son texte de la situation des infotechnologies dans son pays. Il est vrai qu’en apparence nous sommes loin des horizons que nous décrit notre ami Michel Cartier pour son pays, le Canada.
En réalité, la prospective technologique canadienne sert d’abord à nos yeux à nous convaincre des avantages qui seront ceux de pays comme ceux du Maghreb dans les années à venir, et ce à plusieurs titres : le développement considérable de l’e-tourime par exemple et donc la présence du patrimoine tunisien par exemple sur les réseaux ; l’attractivité du pays pour la localisation d’entreprises méditerranéennes et internationales, attractivité où la formation des plus jeunes jouera naturellement un rôle majeur ; la constitution de véritables pôles de compétence et de compétitivité dont nous parle l’auteur, et naturellement, s’ils en viennent véritablement à se développer, les rapports avec l’Union européenne qui, si elle sait gérer les composantes d’un avenir commun pour les pays méditerranéens, n’aura plus rien à envier aux visées géopolitiques d’outre-atlantique.
La réunion du SMSI à Tunis en novembre 2005 pourra donc se targuer d’une toute autre importance que la réunion de Genève, qui est finalement apparue inutile aux yeux de tous. Car là on ne pourra plus se contenter d’évoquer vaguement quelques soupirs teintés d’exclusion numérique : il faudra valider des analyses de prospective, commenter les analyses des économistes relatifs aux stratégies à retenir en matière de gestion territoriale des savoirs.
Nous espérons d’ici là développer suffisamment de projets avec nos collègues tunisiens pour en finir avec tout un flot de paroles inutiles, peu ou pas validées par de vrais experts. Le programme de Musée virtuel de la Méditerranée, dans son contexte notamment de coopération technologique telle que l’a préconisée la Conférence de Palerme il y a un an de cela, en constitue une parfaite illustration. André Jean Marc Loechel