Jean-Michel Lavoizard et André Jean Marc Loechel

Résume de l'intervention d'André Jean Marc Loechel

"Think Tanks et Réseaux d’Influence"

 

Je voudrais vous emmener pendant quelques minutes sur le chantier d’une think tank et d’une fondation en construction.

1 - HIER.

Les initiatives autour de telles structures sont encore aujourd’hui plus rares dans le monde francophone que dans le monde. Il n’est donc pas sans intérêt d’en évoquer rapidement l’histoire, en m’excusant à l’avance auprès de ceux qui en connaîtraient déjà tel ou tel épisode, mais même là il me parait utile de resituer une aventure collective sur le long terme. Un récit de VENISE à ALEXANDRIE.

2 - AUJOURD’HUI.

On peut être aujourd’hui réseau d’expériences, de compétences, d’expertise…, mais de pouvoir ? Et quel pouvoir ? Surtout : un pouvoir pour quoi faire ?

Question subsidiaire : et si c’était le pouvoir de faire savoir ? (on préférera le mot savoir au terme d’information)

A. D’abord on constat dont il faut reconnaître l’apparente banalité : l’historien qui parle a pu rencontrer sur sa route d’investigation des pouvoirs économiques, sociétaux, culturels…admirablement bien informés et se donnant les moyens de cette information. D’autres - à l’évidence - beaucoup moins. Notre époque de mutation forte, de bouleversement dans ses paradigmes apparemment les mieux enracinés - un peu à l’instar de moments tels que la fin de l’époque médiévale et de la Renaissance en Europe - nous offre. Extraordinaire gestion de savoir politique et surtout économique, entre MANTEGNA et l’ECOLE DU RIALTO. La semaine dernière nous en a offert un admirable panorama au travers des représentants des institutions et lobbyings divers : LA NON INFORMATION. C’est l’aventure de Monsieur Tchernobyl et, par certains côtés, de l’homme hypermoderne. N’hésitons pas à parler de « déroute informationnelle ».

B. Ou plus exactement la capacité d’un recul et surtout d’une synthèse. Les interfaces à cet effet manquent devant la cécité souvent constatée, rendant parfaitement inopérants les outils d’aide à la décision (on devrait dire « d’aide à la compréhension ») dont nous disposons. L’inconscient cognitif fonctionne-t-il en temps réel…(dans un contexte de démultiplication des contraintes institutionelles)

C. Mais aussi l’incapacité totale de nos sociétés à relever LE DEFI DE L’ACCULTURATION DE DEUX MONDES. C’est de ce défi que naît l’absolue nécessité de la création de nouveaux cercles de pensée et de réseaux de pouvoir :

  1. -le premier est celui des savoirs et expériences accumulées à l’échelle pluriséculaire et quasi plurimillénaire (tout un arsenal sémantique autour de nos horizons culturels occidentaux) : condition d’une vraie gestion de l’identité : la reprise en main de notre armature conceptuelle et référentielle est essentielle. On oublie trop qu’une époque comme la nôtre voit « rejaillir » une grande partie de nos références culturelles et historiques : l’oublier, c’est évidemment faire le jeu de tous les intégrismes et nous ne l’avons que trop oublié.
  2. -le second est celui que permettent sous nos yeux d’engranger les mutations technologiques de ce jour. L’exemple d’une récente conférence à Tunis.

Or l’imbrication de ces deux horizons constitue l’élément clef de gérer des phases de transition d’une société humaine (la renaissance carolingienne et l’école du palais d’Aix la Chapelle ne sont rien d’autres).

Pour s’en convaincre : superposition de la carte de l’Europe patrimoniale et de l’Europe de l’innovation.

Et si panne référentielle il y a aujourd’hui, c’est d’abord du fait de la difficulté d’acculturer deux mondes et de répondre aux CONTRADICTIONS QUE LEUR RENCONTRE VEHICULE :

  1. INDIVIDUALITE / ENJEUX COLLECTIFS : NYMBISME OU INTELLIGENCE     COLLECTIVE
  2. DISPARITION ET RENAISSANCE DES TERRITOIRES
  3. RENOUVEAU OU MORT D’ARISTOTE…

Tous les moments évoqués de notre histoire ont ainsi donné lieu à la création de cercles de pensée, de groupes de réflexion pour recadrer l’action politique et économique certes, pour construire les nouveaux cadres spirituels et mentaux nécessaires à cette fin. Exemple de la Florence du Quattrocento.

3 - DEMAIN :
quel est donc l’objet de la création d’une fondation européenne sur ces questions.

Il s’agit de créer de véritables territoires de la connaissance. La création de villes, de régions et de territoires avant tout basés sur la gestion de la connaissance, le partage des savoirs, la formation tout au long de la vie des habitants…

Démultiplication des dispositifs et des stratégies de mise en place des connaissances ainsi requises et de leur utilisation à des fins de développement économique « soutenable ».

DE BREME (« Stadt der Wissenschaft ») A SARAGOSSE.

Accompagner les divers acteurs dans un monde où la technologie démultiplie les liens de savoirs avec notre environnement.

Illustration économique : la mise en réseau des pôles de compétences. André Jean-Marc Loechel