Réseau Européen des Villes Numériques
Les programmes du Réseau européen des Villes Numériques

La gestion territoriale
des compétences en Europe

Le 3 mars 2005, la réunion, autour de plusieurs commissaires européens, des acteurs territoriaux qui entendent participer à la seconde phase de la stratégie de Lisbonne marque un moment clef de la prise en compte des nouveaux rapports des territoires aux savoirs. Les analyses conduites à ce jour en la matière par divers chercheurs dans les universités européennes, souvent de manière relativement isolée, apparaissent aujourd’hui trop fragmentaires pour fournir de véritables réponses et des préconisations concrètes à l’attention des collectivités territoriales, des entreprises et des organes de formation. Le Réseau européen des Villes Numériques entend donc proposer à tous les partenaires intéressés et concernés un programme d’études et d’analyses qui permette de rassembler tous ceux qui travaillent dans ce domaine et de développer les synergies nécessaires. On en soulignera les principaux axes.

Connaissances, identité, mémoire, création

Si les nouveaux rapports territoires / connaissances apparaissent tout d’abord au travers du phénomène de « labor pooling » qui place la production de savoirs au centre des facteurs déterminants de la localisation économique, le concept de « Knowledge zone » apparaît particulièrement pertinent et son analyse devra incontestablement constituer, à partir des diverses stratégies aujourd’hui repérées dans ce domaine, une part non négligeable de nos travaux : les métropoles européennes sont ainsi amenées à (re)devenir de « grandes usines à savoir » et de véritables « territoires apprenants » et il s’agit très clairement aujourd’hui de considérer le savoir comme un véritable instrument de polarisation spatiale et la gestion de sa transmission comme facteur d’aménagement territorial.

Un autre axe majeur réside dans la nécessaire gestion de l’identité que suppose la mise en place de processus d’innovation à l’échelle d’un territoire. Les incompréhensions des responsables politiques de bien des territoires européens apparaissent ici véritablement tragiques et il convient de les analyser.

Les nouvelles formes de tourisme et singulièrement le tourisme de la mémoire en sont directement issues. A ainsi été souligné dans les études récentes du RVN combien les technologies de la géolocalisation, le marquage de l’espace et les médias localisés sont sur le point de modifier la perception de l’espace urbain et de créer de nouveaux modes d’itinérance cognitive.

Parmi les autres facteurs culturels, le rapport à l’art et à la création se traduit par l’importance dans les processus d’attractivité des métropoles des nouveaux lieux de création, des résidences d’artistes et des plate-formes d’échanges, des laboratoires d’idées et d’exploration de nouvelles formes d’expression.

Le majeur rôle des technologies numériques dans la démultiplication des plates-formes immatérielles de connaissances apparaît de même évident à l’ensemble de nos contemporains, leur rôle dans les nouvelles modalités de gestion territoriale doit être mieux analysés. Mais leur insertion dans la nouvelle géométrie des territoires se doit d’être mieux étudiée.

Des sociétés de savoir complexes

Les processus de complexification des sociétés dites « hypermodernes » constituent bien évidemment le cadre de cette nécessaire gestion territoriale des connaissances. Au-delà des accumulations de savoirs, l’importance des mécanismes d’acculturation qui y sont à l’œuvre nécessite clairement une démultiplication de l’interculturalité.

Le développement de nouveaux métiers de travailleurs du savoir a pour conséquence que les méta-savoirs - ceux qui permettent de juger, d’attribuer et de noter le savoir - sont amenés à constituer un vrai facteur de pouvoir de même que le transfert de connaissances sera l’une des missions majeures de nos régions et territoires à l’horizon 2010, selon les projections analysées au printemps 2005 à l’occasion des Entretiens de Fontevraud.

L’un des axes d’analyses à retenir à l’avenir réside de la sorte clairement dans la gestion territoriale des activités de recherche et développement. Il s’agit là d’une mission territoriale majeure de la ville numérique de demain, au travers notamment de partenariats privé - public qu’il lui appartiendra de constituer. C’est là un domaine où le présent programme aura à avancer recommandations et préconisations.

La notion de métropolisation territoriale, fondamentalement liée à ces processus renvoie très largement à la prise en compte de nouveaux paramètres pour les territoires tels que la gouvernance, la mise en réseau et l’émergence de nouvelles hiérarchies sociales.

Pour toute information générale : info@villesnumeriques.org
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