L’ouvrage de Jean Bouinot (Université de Paris I) [1] a, depuis deux ans maintenant, été à l’origine de bien des débats entre acteurs territoriaux et spécialistes en matière de transmission de savoirs : faire - refaire d’une certaine manière - de nos villes des hauts-lieux d’une société de l’apprentissage, selon l’expression de nos amis québécois, voilà qui semble bien difficile, voire quelque peu utopique face aux archaïsmes de toutes sortes [2] . Et pourtant.
Si en effet le chercheur soulignait alors le rôle des externalités technologiques ou de recherche-développement, il mettait tout autant l’accent sur les externalités dynamiques de savoir « grâce aux relations cultivées entre les individus ». Il s’agissait là à ses yeux d’abord et avant tout de transferts de connaissances au quotidien, bien plus que de la création d’une « intelligence collective » souvent bien mal comprise.
La notion même de « stock de savoirs
de la population d’une ville » qui définit son capital humain doit
être au cœur de toutes les réflexions de prospective territoriale. Nous
devons tout prendre en compte les rapports d’un territoire ou d’un quartier
aux savoirs tacites, aux connaissances codifiées ou aux savoirs organisationnels
qu’il recèle. Cette base de connaissances constitue la force d’attraction
de la ville intelligente de demain. Elle nourrit son image auprès des
réseaux d’expertise et d’innovation bien davantage que la communication
traditionnelle qu’il convient aujourd’hui de repenser pour s’assurer
de la présence internationale de la collectivité - nous nous Cette ville de l’intelligence et de l’excellence, que 2005 nous aide tous à participer à sa construction. André Jean-Marc Loechel [1] La ville intelligente, LGDJ, Paris, 2003. [2] « Emploi : le cancre français lorgne sur ses voisins », Le Monde, 24 janvier 2005. |