1/3 - Ruptures

Les ruptures sociétales "qui nous fait basculer dans une société sans mode d’emploi" auxquelles on fait tant allusion aujourd'hui ont été nombreuses dans le passé: il convient néanmoins d'éviter de donner en la matière l'impression - historiquement naturellement complètement fausse - que c'est la première fois que l'on peut assister à tel ou tel type de mutation scientifique ou cognitive. On est même en droit de relever, pour ce qui est de la période présente et du « share of mind » de notre sociétéune singulière continuité dans les mutations et les ruptures, dans leur perception aussi et même leur analyse.

Il en est de même du rapport aux objets dont le rapport à l'utilisateur et aussi au spectateur n'est pas toujours apparu neutre: de l'efficacité - politique, religieuse, sentimentale - des objets aux produits intelligents, il y a là à l'évidence une histoire à écrire du rapport aux objets, en l'occurrence davantage transcendés par la technologie il est vrai.

Il en est de même encore - musicologues et historiens de l'art le savent bien - de ce que nous appelons aujourd'hui l'intégration du son et de l'image. Elle était bien sûr de l'ordre de l'acquit mental et se référait aux rapports entre descriptions et représentations de savoirs et de convictions et non à des applications électroniques. Il n'empêche que ce que des technologies permettent d'amplifier aujourd'hui n'est que la résultante d'une réelle continuité dans l'histoire intellectuelle, occidentale notamment. Les entreprises feraient bien de s'en souvenir, dans la mesure par exemple où les premiers usages des photophones ont démontré, si cela était nécessaire, un rapport à l'image et à ses usages bien différent. Il ne s'agit pas là d'un vieux rêve, mais d'anciennes pratiques largement avérées.

"L'industrie du contenu" - expression décrivant génériquement l'ensemble des acteurs concernés - existe-t-elle d'ailleurs ? Le débat est vain, si là encore l'appréciation du cours terme et des années à venir se détache de la prise en compte du long terme: peut-être vaut-il mieux évoquer une économie du savoir dont la prise en compte par les décideurs territoriaux constitue - en Europe du moins - une tendance majeur des deux années à venir.

Une prospective des applications « peer-to-peer » a fait l’objet récemment d’une étude d’un chercheur du Cerna à l’Ecole des Mines de Paris, Olivier Bomsel, qui s’interroge sur une future segmentation de l’accès au travers d’une tarification dissuasive pour l’uploa, susceptible de contenir des fichiers image ou son sous copyright. Est évoqué en tout cas un transfert d’utilité entre les acteurs économiques impliqués, et ceci au bénéfice des fournisseurs d’accès. http://www.villesnumeriques.org