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Trois urgences Un ancien commissaire général au plan a évoqué à la fin de l’an dernier (Les Echos, 13 - 14 décembre 2002) ce que pourraient être les attributions du CGP, en liaison directe avec la DATAR notamment. Il est aujourd’hui utile de rappeler, à l’occasion de la préparation des prochaines manifestations du RVN ce printemps, que trois axes étaient indiqués comme prioritaires à ses yeux. Etait évoquée en premier lieu l’urgence d’analyser en profondeur les interactions de la globalisation, tout à la fois à l’échelle des stratifications territoriales et entre les diverses disciplines qu’il nous faut convoquer à cette fin, singulièrement les plus récentes d’entre-elles. On ne peut que constater avec l’ancien locataire de la rue de Martignac qu’aucune pensée - et encore moins action - transdisciplinaire existe à ce jour pour aborder des questions comme celles que nous évoquons régulièrement dans cette lettre : gestion locale de l’innovation, attractivité des territoires… De manière plus osée, est avancée la nécessaire promotion d’une véritable éthique de la discussion « telle que longuement et rigoureusement développée par Jürgen Habermas », ceci en construisant « des argumentations cohérentes sur des sujets difficiles » et non en s’appuyant sur des « débats formels organisés à la va-vite et oubliés aussitôt qu’accomplis ». Une manière élégante de dire le ras-le-bol généralisé de soi-disantes rencontres - territoriales notamment - où les mêmes continuent, sans même se rendre compte du ridicule de leur position, à évoquer toujours les mêmes démarches, en oubliant de signaler (ils l’ont parfois oublié eux-mêmes) que celles-ci sont encore loin d’avoir abouti à des résultats tangibles. Et le tout naturellement dans une atmosphère de totale ignorance des réalités européennes et internationales. Nous sommes là en vérité bien loin d’Habermas : d’ailleurs rares sont les intervenants qui préparent véritablement leurs textes, et encore davantage ceux qui les publient. Nous sommes là aux antipodes des analyses territoriales diffusées dans les meilleures publications universitaires et de recherche. Etait également suggérée la mise hors rhétorique des réflexions sur le développement durable, terme utile s’il en est pour éviter toute scénarisation prospective sérieuse et nourrie des meilleures références. Il n’est nul besoin d’insister pour mesurer tout le travail qui reste à accomplir en la matière. Les trois urgences ainsi suggérées par Jean-Baptiste de Foucault doivent figurer parmi celles qui nous guideront dans les mois qui viennent. Mais il en est de nombreuses autres que nous aurions à évoquer ici, tant les archaïsmes ont souvent figé les esprits, et ce dans plusieurs pays de la Communauté. Nous savons tous que dans quelques années une telle situation aura heureusement profondément changé - nous avons donc tous les droits d’être raisonnablement optimistes -, mais il nous faut cependant être pleinement conscients de l’ampleur de la tâche qui nous attend. Notre Réseau, pour sa part, y est prêt. NOS ACTIVITES
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