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VILLES NUMERIQUES LA LETTRE du RVN
Version française - Juillet / août 2003 A propos du colloque organisé
à Paris sur « l’individu hypermoderne »
Portrait qu’il nous faut d’abord apprendre à conjuguer à tous les temps : au passé d’abord (le passé récent - éminemment intéressant - des toutes premières expériences, mais aussi le passé plus lointain des grandes mutations technologiques et de leur impact sur le cadre urbain), au présent (des usages très différents selon les horizons culturels pris en considération, de Tampere à Sienne, de Vienne à Porto) et naturellement à l’aune des années à venir (vers 2005 - 2010). Nous sommes surtout ramenés sans cesse vers la dimension prospective, puisqu’elle sert indéniablement à nos contemporains de référent mental continu : c’est d’ailleurs précisément là un trait majeur dont nous entend approfondir l’analyse au travers d’un groupe de travail spécifique dans les mois qui viennent. L’homme de la cité numérique est d’abord et avant tout l’homme incontestablement de tous les paradoxes. A l’instar par exemple de ses ancêtres de l’époque de la Renaissance. Si sa mobilité ainsi n’est généralement plus à prouver au regard de l’histoire, celle-ci a non seulement changé de nature, mais elle se décline également parallèlement à de nouvelles formes de sédentarité spatiale. L’urbs numerica entend en tous cas faire vivre sa population sous l’égide de la mobilité intelligente. C’est notamment un nouvel espace de mémorisation qui semble se trouver ainsi établi : la très sérieuse UNED de Madrid ne vantait-elle pas il y a de cela deux ans à peine les mérites de sa Wap University ? En tout cas, paradoxe suprême, c’est son rapport à la mémoire qui définit le plus intensément l’habitant de la ville qui voit aujourd’hui se transformer, bien que fort lentement et de manière subreptice en tout cas, son horizon de vie du fait des technologies du numérique. Notre homme connaît également une vraie mutation de sa perception visuelle, et son approche des sons ne vas pas tarder à connaître une même évolution dans les années qui viennent une même évolution. Pour ce qu’il convient d’appeler son hypercompétitivité, là encore il apparaît dans toute sa glocalité. S’il travaille à Martinsried ou encore à Kista, bien sûr - en effet - que son horizon est planétaire et que son cercle professionnel l’est encore davantage. Mais, à l’instar de toutes les silicon valley, il apprend bien davantage et se fie avec force à son aire de proximité : le pôle de compétitivité où de mêmes activités ont choisi un véritable voisinage. Et les externalités de ces territoires de compétences le réjouissent, l’attirent et contribuent d’ailleurs fortement à lui conférer ces traits. Il ne croit naturellement plus en une quelconque systémique, mais son environnement le convainc d’en tirer ses démarches. La voix et le geste du pédagogue transmettant ses savoirs et sa capacité à les structurer lui apparaissent clairement comme issus d’un temps ancien et pourtant il leur confie bien volontiers sa capacité d’apprentissage, la sienne comme celle de son environnement familial. Il a l’impression - indéniablement - de beaucoup savoir, d’avoir aussi la tête remplie d’images. Mais lorsqu’il tente de mobiliser les connaissances qu’il pensait avoir forgées et les images qu’il lui semblait pourtant avoir rassemblées, les références qui lui apparaissent nécessaires se forgent difficilement. Il lui semble habiter un univers de sémantique floue, presque autant voire plus encore que de logique floue. Notre homme ne pourra ainsi être en situation d’innovation - et encore moins d’acceptation de celle-ci - sans une gestion pertinente de son identité. C’est peut-être là la caractéristique majeure de notre habitant, et c’est en tout ce qui nous conduit à appeler aujourd’hui - à l’échelle de l’ensemble des territoires de la Grande Europe - à une véritable mobilisation de l’intelligence. André Jean Marc Loechel
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