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La Lettre - Version française - Mai / juin 2004 Le
projet d’Esch-Belval : Tous les ingrédients d’une vraie réussite territoriale existent à ce jour pour un petit territoire situé aux confins du Luxembourg et de la Lorraine, véritable modèle potentiel pour de nombreuses villes et collectivités d’Europe. Il s’agit en réalité du projet de reconversion et de réutilisation des importantes friches sidérurgiques de Belval, à côté de la communauté luxembourgeoise d’Esch-sur-Alzette et dont l’objectif est de créer un bassin d’emplois tertiaires supérieurs de 20 000 personnes. A quelques kilomètres du territoire mosellan, il s’agit là d’une occasion majeure de création d’une de ces visions territoriales partagées auxquelles notre équipe ne cesse de faire appel. Il ne s’agit donc plus seulement de trouver une quelconque valorisation économique pour un haut pays lorrain qui en a à l’évidence bien besoin - au travers notamment des communautés de Villerupt et d’Audun-le-tiche - et pour le bassin de l’Alzette et ses 19 000 habitants. Partager une vision territoriale ne consiste certes plus à se contenter de pratiques d'audit local, mais à mobiliser d’abord et avant tout ce que nous pouvons observer ailleurs en Europe : en Autriche par exemple (du pays de Linz jusqu’au cœur de la Carinthie), en Espagne aussi ou encore en Irlande. Ce d’autant que les diverses composantes futures d’ores et déjà retenues nous y convient : un pôle universitaire d’abord, développant l’expérience des universités lorraines en la matière, à l’évidence indispensable pour créer un pôle de compétences et mettre en œuvre des processus d’accumulation de savoirs. De futurs centres de recherche en TIC, mais aussi dans le domaine des matériaux et du biomédical sont d’ores et déjà prévus, mais il s’agit d’en trouver des prolongements pertinents du côté lorrain, et il ne sera peut-être pas si aisé de sortir des chemins battus. Il ne faudra en effet surtout pas se contenter d’acquérir des territoires pour assurer une seule continuité territoriale physique et d’y aménager un complément résidentiel pour les 5000 logements d’ores et déjà planifiés du côté luxembourgeois, à moins de se résigner à faire de la partie française du futur pôle l’un de ces territoires dortoirs dont les aménageurs français ont été parmi les meilleurs spécialistes dans un passé encore récent. Autre danger : avoir pour unique objectif de transformer seulement les 360 hectares du site de Micheville aujourd’hui entre les mains de l’Etablissement public foncier de Lorraine en un nouveau projet de loisirs. Nos analyses en ce domaine précis montrent, outre les désastres enregistrés ici ou là, que ceux qui s’en font souvent les promoteurs n’ont pas la visibilité nécessaire pour en faire profiter l’ensemble d’un territoire et même pour en tirer eux-mêmes les profits auxquels ils sont en droit de s’attendre. De nouvelles approches sont aujourd’hui possibles qui n’écartent en rien ce genre d’usages, mais analysent dès le départ les futures interactions avec notamment la gestion de l’identité territoriale et patrimoniale. Ce d’autant qu’une mise en réseau d’une telle gestion s’avère ici parfaitement réalisable. La meilleure des illustrations d’un tel processus nous est fournie par le projet de pôle image porté par la commune de Villerupt et son célèbre Festival de cinéma italien. Nous avons aujourd’hui parfaitement que la mise en place d’une telle polarité autour d’une structure événementielle constitue toujours une opportunité de premier ordre, et ce pour des raisons multiples que de récentes mises au point nous ont permis de mettre en exergue : importance des racines historiques que la présence italienne séculaire dans cette région rend parfaitement incontestables, de même que le rôle traditionnel joué par l’art italien dans cette partie de l’Europe, besoin urgent aujourd’hui de pôles images reprenant ces mêmes racines, ainsi que bien d’autres facteurs susceptibles d’accompagner le développement d’activités en la matière dans le domaine des loisirs précisément, mais aussi de la recherche et potentiellement comme champ d’applications pour de futures jeunes entreprises susceptibles de se développer dans la région. Une utilisation pertinente de fonds européens, mais surtout le projet d’Eurodistrict (comme dans le cas de Strasbourg et de Kehl) porté ici par l’association « Zukunft SarrMoselle Avenir » et son dynamique président Roland Roth peuvent à l’évidence accompagner de tels projets de valorisation territoriale et aller très loin dans leurs objectifs : création d’un lieu européen d’information et de formation des élus et décideurs dans le domaine par exemple - précisément - de la constitution de polarités de compétences et de réseaux d’excellence européens et de manière générale des nouveaux horizons de l’aménagement des territoires en Europe. L’ensemble des possibilités offertes, tant du côté luxembourgeois que français, par le développement du projet de Belval mérite donc d’être observé de près et, le cas échéant, accompagné. Au travers des informations fournies par les divers acteurs, notre équipe en tout cas s’y emploiera. http://www.villesnumeriques.org
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