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La Lettre "VILLES NUMERIQUES" Novembre
2005 Le sommet de Tunis, acte de naissance d’une société du savoir Certains avaient fait le pari sinon d’un échec, du moins de résultats peu probants. Il n’en a rien été et nous avons rarement rencontré autant de responsables satisfaits des multiples rencontres et colloques organisés : tous les acteurs qui avaient réellement quelque chose à dire - des expertises dont ils pouvaient faire état aux connaissances dont ils étaient porteurs - ont été écoutés et une masse considérable d’informations a été échangée entre les 27 000 participants du Sommet Mondial de la Société de l’Information. Bien sûr, la gouvernance de l’Internet a été largement évoquée, mais on a le sentiment que ce n’est peut-être pas là ce que retiendra l’histoire par rapport à ce qui a été dit à Genève il a de cela deux ans : en caricaturant quelque peu naturellement, on a envie de dire qu’à Genève on évoquait une société de l’information, à Tunis on ne parlait plus que de société de la connaissance et d’économie du savoir comme le proclamait la présentation du dernier Rapport de l’Unesco. La gestion des identités au travers des infotechnologies y remplaçait un discours auparavant uniquement centré sur les infrastructures technologiques et les programmes de villes, territoires et quartiers de la connaissance alimentaient largement les discussions, comme celles de la conférence ARENOTECH organisée le jour de la clôture du Sommet (www.arenotech.org). La mise en réseau des polarités spatiales centrées sur les compétences et la compétitivité, l’Internet des objets évoqué par l’intéressant rapport de l’UIT publié pour l’occasion et la lente naissance d’un monde où une multitude de liens de savoirs nous réunira de plus en plus à notre environnement, tels étaient les vrais sujets. Exit la vieille rhétorique dépassée de la fracture numérique, vivent les stratégies d’inclusion de tous dans un univers de gestion et de partage des connaissances. Un monde de mobilité, une dynamique de l’innovation et de nouvelles solidarités prenant appui sur l’échange des expériences et des expertises semblaient y avoir définitivement chassé les vieux discours. C’est cela aussi très certainement qui a marqué les participants, au-delà de l’agitation médiatique d’une petite minorité de journalistes esseulés et dépités devant tant de débats désespérément sérieux, partagés entre le tourisme et l’ennui. Même si la plupart des vrais professionnels ont néanmoins fait un travail tout à fait considérable d’information, ils n’ont pu transmettre toujours les enthousiasmes et surtout les projets qui sont nés un peu partout dans l’enceinte de ce Sommet. C’est maintenant aux participants de s’en faire les porteurs et en assurer la mise en œuvre : loin de ne plus être qu’un souvenir, Tunis ne fait que commencer ! André Jean-Marc Loechel
Président du Réseau européen des Villes Numériques |