Journée d’étude
du
Réseau européen des Villes Numériques (RVN)
Un âge d’or pour les collectivités territoriales espagnoles? (3)
Laura Garcia Vitoria (ARENOTECH)
III - Les collectivités, vraies instances de décision en matière d’administration électronique.
Dans la récente étude « Liderazgo en el área del gobierno electrónico », étude récemment menée par Accenture, ont été évaluées les pratiques en matière de développement de l’administration électronique de vingt-deux pays en Europe, Asie et Amérique du Nord : l’Espagne y occupe le quatorzième rang.
Le
premier enseignement d’une telle analyse nous permet de répondre à la question
clef posée d’ailleurs récemment par l’auteur d'un rapport français sur l'administartion
éléctronique
: quel impact sur la diminution des coûts ? Même s’il convient de s’abstenir
de toute réponse caricaturale, on se trouve de fait pour l’instant devant deux
constats économiques différents : pas de diminution des coûts en France
(01 informatique publié le 5 décembre dernier), et ce à l’inverse de l’Espagne
où l’étude d’Accenture note des économies substantielles.
Si l’approche canadienne par exemple - la plus mature, on le sait - vise à la transformation même des services, celle observé en Espagne vise pour l’instant surtout à la mise à disposition d’un maximum de services en un minimum de temps : le plan qui vient d’être récemment présenté rend ainsi les divers organismes publics directement responsables en matière d’offre électronique de leurs services. C’est donc à la base, dans les administrations et à l’échelle des territoires que se place l’essentiel de la réflexion, sans qu’il ne soit nécessaire de recourir pour cela à une agence nationale ou à de vielles pratiques étatiques d’accompagnement.
Pour ce qui est de la normativisation des initiatives, l’ANEI (l’association nationale des entreprises oeuvrant dans le domaine de l’Internet) et l’AENOR (l’équivalent ibérique de l’AFNOR) ont crée un comité qui entend placer les villes à l’avant garde des initiatives en la matière.
Ce comité en effet inclut en tout premier lieu les représentants des villes les plus engagées en matière d’initiatives numériques (Madrid, Barcelone, Valence, Salamanque, Cuenca, Zamora, Candás (Asturies), Bañolas (Gérone) ou Jun (Grenade) notamment).
Même si l’administration centrale est néanmoins bien évidemment présente, la réflexion sur les normes, on les attend d’abord des collectivités territoriales, et non l’inverse.
Des
groupes spécialisés par champs d’action (télémédecine, téléformation, télétravail,
télédémocratie…) ont ainsi accompli un travail de tout premier ordre qui constitue
peut-être l’une des initiatives espagnoles en matière d’administration électronique
les plus intéressantes à prendre en compte.
Le résultat de ces travaux sera d’ailleurs publié très prochainement, de même qu’un manuel à l’attention des maires Manual de Alcaldes para la Implantación de Ciudades Digitales). L’intitulé même de cette publication nous servira d’ailleurs de conclusion provisoire, tant il est vrai que sera là très précisément l’objectif du groupe de travail du Réseau européen des Villes Numériques : fournir aux acteurs territoriaux une réelle visibilité sur les réalisations déjà existantes et sur les projets des villes et des régions européennes en la matière. Retour