Titre 
L’EMERGENCE DES VILLES NUMERIQUES AFRICAINES 
Résumé 
Réseau Européen des Villes Numériques et SISEG/CESMI pour la Création de villes numériques en Afrique
Forun pour L’EMERGENCE DES VILLES NUMERIQUES AFRICAINES : Communications du Réseau europeen des Viulles Numériques, Président de la République en Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ; Chargé des NTIC de la ville de Dakar; Président de l’Union des Associations des élus locaux du Sénégal ; Président des Associations des Maires du Niger ; Conseiller Technique du Président du Senegal... 
 
Nom de l'auteur 
GARCIA VITORIA Laura 
Date de rédaction : 
17/07/2007 
 
 
 

L’EMERGENCE DES VILLES NUMERIQUES AFRICAINES


Les 29 et 30 Juin 2007 a eu lieu à Dakar un forum concernant le projet de création de villes numériques en Afrique.

Lors de cette conférence trois grands thèmes ont été évoqués :

1) Les infrastructures et les aménagements territoriaux,

2) La formation, ses causes et ses conséquences,

3) Les différents aspects du financement du projet.

Selon Monsieur SONKO , Ministre Conseiller du Président de la République : « Les technologies de l’information et de la Communication vont permettre de développer les industries et l’éducation…. Cela s’adresse à tout le monde, cette technologie est essentielle pour une nation pauvre comme le Sénégal qui est un pays en développement par rapport aux techniques de communication. Ce sont principalement les étudiants d’université qui vont acquérir les connaissances concernant ces nouvelles technologies ce qui aboutira à plusieurs projets moyennant de bon systèmes de financement. Le but est la formation des populations par cette nouvelle génération universitaire formée sur ces nouvelles technologies de communication. Au delà , il faut homogénéiser les pays qui ont de l’information et ceux qui n’en n’ont pas pour que cela profite à tous dans les domaines informatique, internet, multimédia. Le développement international plutôt que national est préconisé. Dakar doit devenir une « ville numérique ».

Rappelons que pour mener à bien un projet, il faut anticiper ses conséquences. C’est l’une des raisons de la création de l’Institut Europe Afrique. Cette entité va accompagner les projets de façon stratégique, les encadrer au niveau de l’organisation dès leurs créations par les demandes locales, les rassembler et les fédérer au niveau international.

Il comporte de nombreux étudiants d’ISEG CESMI et s’ouvre à d’autres étudiants d’université et de grandes écoles. La démarche doit être volontaire : c’est la démarche fondatrice.

Les TIC peuvent aider dans de nombreux domaines :

- la production et le commerce en accélérant la distribution locale et l’exportation

- la gestion des budgets : diminuer les déficits par les connaissances instantanées des résultats

- les échanges entre pays avec une information : ciblée ; précise et utile

- la communication entre tous les acteurs en temps réel

- les procédures et formalités des administrations publiques par une « prise en main » à distance.

I° LES INFRASTRUCTURES ET LES AMENAGEMENTS  TERRITORIAUX

Ville de la connaissance :

Qui dit ville numérique dit ville de la connaissance et de la culture. Pour ce faire il doit y avoir un accompagnement territorial, une formation des agents, une définition des formations et enfin une cartographie des savoirs faite par des universitaires locaux en partenariat avec les élus.

L’Afrique a besoin d’intégrer le développement informatique et de se tourner vers l’avenir.

Les pays africains doivent s’organiser tant au niveau des infrastructures qu’au niveau de la gestion de l’information.

Le Sénégal est le pays où prennent place les actions de l’Institut. Au niveau des secteurs impliqués, on peut déceler trois échelons d’activités nécessaires à l’émergence d’une ville

numérique :

- niveau du soutien stratégique de l’Etat en ce qui concerne la centralisation ou la décentralisation, l’électrification durable et permanente, la compréhension des enjeux du numérique…

- niveau du soutien technique pour les acteurs (séminaires)

- niveau opérationnel : il favorise l’éclosion d’un esprit créateur, requis pour l’informatique scolaire. L’installation de nouveaux cybers espaces devra compléter les dix neuf existants.

Une Economie du Savoir et une Société de la Connaissance :

On entend par « connaissance et culture » le savoir proprement dit, mais aussi le savoirfaire et le savoir être.

La société de la connaissance est une société de l’information qui diffuse et utilise l’information basée sur les info-technologies. Elle met l’accent sur le savoir, l’expertise, la créativité, la productivité, la compétitivité… par l’intermédiaire de l’intelligence économique dans les entreprises et à l’échelle des territoires.

Problèmes rencontrés :

La création de villes numériques se heurte à trois problèmes principaux : le manque d’expertise, la gestion des projets et l’utilisation des financements. La révolution informatique* fournit les outils privilégiés au développement.

* INFORMATIQUE : PROGICIELS, BASES DE DONNEES, INTERNET, OUTILS MULTIMEDIA ET LA MISE EN PLACE DU WIFI OU WIMAX

OU RADIO TELECOMMUNICATION.

Un autre problème souvent évoqué reste le manque d’électricité dans les communes reculées. Pourtant l’un des objectifs est d’alimenter ces villages de 15 000 ordinateurs. Il serait intéressant d’étudier la prospective qui lie le développement de l’informatique à celui de l’énergie solaire qui est si abondante en Afrique.

Enfin l’une des difficultés réside dans le fait d’intéresser les populations qui pour la plupart ne se sentent pas concernées, contrairement à ce que démontre l’intérêt porté à la création de l’Etat civil ou à la diffusion des prévisions météorologiques.

Les différents enjeux :

On a parlé de transfert de l’aide au développement international à des actions territoriales et locales.

Il existe plusieurs enjeux à ce forum :

- Echanges égaux réciproques entre l’Europe et l’Afrique avec des axes stratégiques plus développés. Un nouveau cadre juridique, politique et économique comme l’illustre la nouvelle stratégie de développement Europe – Afrique basée sur le triptyque que constitue l’homme, la dimension individuelle et l’intégration régionale.

Là est tout l’enjeu du développement durable

- Prise en compte importante des relations humaines : l’homme est au centre de toute décision

- Intégration régionale : les collectivités locales doivent être des intermédiaires entre les populations et le reste du monde

- Nouvelle société de la connaissance et du partage des connaissances menant vers une nouvelle société de production et de services

- Les nouveaux horizons de la création d’emplois sont caractérisés par l’économi immatérielle, mutations socio-économiques, la gouvernance et la gestion de la richesse sémantique (prospective prévue au plus tard en 2030).

L’enjeu d’un pays entier doit devenir l’enjeu de chaque ville ou collectivité locale. Il convient alors de mettre en place un Réseau Internet Africain.

Les difficultés rencontrées au sein des administrations publiques :

Ancrer davantage Internet et ses multiples usages dans la vie des collectivités locales permettrait de rapprocher les administrations des citoyens.

L’une des priorités est l’accès pour tous aux services sociaux indispensables. Internet pourrait résoudre ces problèmes via un système sécurisé, permettre de faciliter les procédures administratives et réduire les délais d’obtentions de documents. Pour ce faire, Internet doit utiliser les outils linguistiques et culturels locaux (il doit y avoir une collaboration avec l’union des élus locaux qui participent au choix).

II° LA FORMATION

La formation doit être mise au premier plan des efforts et préoccupations des futures villes numériques. Elle doit être permanente du fait même de l’évolution des TIC.

C’est aux collectivités locales qu’il revient de mettre en place les divers accompagnements des projets tels que les outils de formation. Aussi il conviendra de former tous les Acteurs territoriaux aux outils informatiques.

La jeunesse :

La nouvelle génération doit être formée sur les TIC à savoir principalement les étudiants des universités. Cette jeunesse qui souhaite apprendre représente pour l’Afrique une grande richesse. L’esprit curieux d’un jeune étudiant peut déboucher sur la naissance d’idées créatrices : vecteur économique du développement. C’est l’une des raisons de la mise en place des groupes d’étudiants, qui aideront au portage des projets d’équipements par les collectivités locales.

Equiper les différents établissements scolaires de matériel informatique s’avère nécessaire si l’on souhaite que l’informatique pénètre les écoles.

Il est indispensable d’instaurer l’informatique dans le plus grand nombre d’écoles et pas seulement celles des grandes villes. Le Ministre prévoit 40 000 ordinateurs pour les écoles.

Mais avant d’enseigner l’informatique aux élèves chargés des TIC, il faudra former les enseignants…

Les universités et les campus tournent autour de trois axes : la recherche, le monde économique et la formation. Si on regroupe les entreprises et les universités on pourrait créer des « quartiers du savoir » et même des besoins d’emplois « intelligents ».

La formation à distance est l’une des idées les plus cohérentes en terme de réalisation avec la possibilité de mettre en ligne les cours, mais une formation minimale à l’utilisation du matériel est nécessaire.

Une formation adaptée :

La formation doit être adaptée, plusieurs types de formation sont nécessaires :

- la formation de base pour tous les primo-utilisateurs

- la formation spécialisée adaptée aux besoins de chacun (production, gestion…)

- la formation académique : dans le primaire, le secondaire et à l’université

- la formation de remise à niveau : pour ceux qui ont déjà des connaissances

Pour de telles formations il y a un besoin de personnes qualifiées pour encadrer et utiliser le matériel informatique au sein de centres de formation : des dispositifs de e-learning  pouvant intégrer des référents plutôt que des cours dispersés.

Partenariat public/privé :

Les entreprises apprécieront de contribuer et d’accompagner l’émergence d’une collectivité numérique au travers d’accords, qui concilient l’intérêt privé et l’intérêt communautaire.

Une formation à moindre coût pourrait être réalisée plus aisément par les entreprises étrangères s’installant en Afrique, non seulement pour remercier la « Terre d’accueil », mais surtout pour accroître l’employabilité des ressources humaines disponibles et la productivité de leurs personnels ; cela a été souvent souligné par des intervenants.

III° LE FINANCEMENT

Le budget formation a tendance à être sous-estimé nonobstant les enjeux. Aux regards du programme, il faut renforcer les capacités d’éducation, de formation et d’emploi. Il est donc essentiel d’intéresser et de motiver les jeunes ou de trouver des programmes éducatifs spécifiques.

Un bon projet doit respecter des schémas conventionnels :

Pour obtenir un financement, le projet doit être « viable », c'est-à-dire respecter des critères et être encadré par des professionnels. Attention aux nombreux facteurs de blocage telles que les règles internationales des établissements financiers.

Aussi, pour mutualiser les coûts le schéma suivant est intéressant : projet élaboré à l’échelle locale avec les acteurs territoriaux, puis avec des universitaires impliqués comme tuteurs (ISEG ou autre) et transmission à l’Institut qui va instruire ou coordonner l’ensemble des dossiers ayant le même objet.

Le rôle de l’Institut :

L’Institut ne finance pas le projet mais le structure, l’évalue et l’accompagne ; pour ce faire il collecte des informations. L’institut doit permettre de diminuer les problèmes de

communication entre les financeurs et les destinataires des fonds.

Les dépenses :

Il y a trois grandes dépenses :

- Les moyens matériels : les ordinateurs proprement dits dont le coût est devenu raisonnable

- La mise en place de réseaux de communication (télécommunication satellite, WIFI ou WIMAX)

- Tout ce qui touche à la formation des formateurs et utilisateurs

Les ressources :

L’Etat doit augmenter les budgets pour l’achat d’ordinateurs et surtout accompagner les projets. Le Fonds de Solidarité Numérique alimenté par les gouvernements pourrait être vu comme une vraie source de financement pour l’émergence des villes numériques africaines. La seconde piste de financement est le partenariat privé/public et la troisième les subventions de fonctionnement consécutives à des appels à projets multi-locaux (francophonie, Union Européenne et autres Organisations Internationales).

Il est prôné par ailleurs une coopération décentralisée, que l’Institut s’efforcera de développer notamment entre partenaires ruraux : la participation des utilisateurs ne pouvant excéder 300 FCFA (environ 0.50 euros) par heure d’utilisation des équipements collectifs.

On peut procéder à une collecte d’ordinateurs usagés, mais cette approche pose plus de problèmes qu’elle n’en résout : matériels peu performants, dommages environnementaux liés aux déchets électroniques et surtout liés à d’éventuels droits de douanes.

Toutes les actions volontaires représentent déjà 50% du financement du projet, et le premier retour sur investissement est la jeunesse universitaire et rurale.

 

 
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