Responsabilité environnementale et sociale

AJML_Oriente_10Résumé

Responsabilité environnementale et sociale des décideurs publics , des entreprises et du tiers-secteur
Développement durable et stratégies territoriales : l’urgence prospective

Nom de l’auteur Loechel André Jean Marc

Date de rédaction : 12/02/2007

Colloque du 12 février 2007 au Palais du Luxembourg – Salle Clémenceau

Responsabilité environnementale et sociale des décideurs publics , des entreprises et du tiers-secteur
Développement durable et stratégies territoriales: l’urgence prospective

André Jean-Marc Loechel
Président du Réseau européen des Villes Numériques

En analysant l’ensemble des caractéristiques majeures qui se dégagent de la centaine de projets territoriaux que notre Réseau accompagne en matière de développement durable, il en est trois qui apparaissent majeurs dans l’optique qui est la nôtre ici.

I – La « dévalorisation culturelle de l’avenir »

Une politologue française a récemment utilisé cette expression qui recouvre largement un certain nombre de constats dans nos actions d’accompagnement des territoires.

Or précisément le principe de la responsabilité à l’égard des générations futures et de la durabilité du développement de nos territoires dépend naturellement du lien, de nos sociétés avec leur avenir.

Le « désenchantement » à l’égard des vieilles idéologies qui constitue une constante de nos débats contemporains fournit ainsi un terrain difficile à la projection dans l’avenir de nos responsabilités présentes.

D’où le décalage bien connu de tous mais souvent mal ou peu analysé entre les discours des acteurs locaux et les réalisations – du moins celles sur lesquelles on communique et sur lesquels les responsables publics investissent leur image.

Les mêmes qui ont évoqué les figures du « plombier polonais » se sont soigneusement tus à l’occasion de la publication cet automne du rapport de l’Union européenne sur ce que sera le monde en 2025, où étaient évoqués pourtant des défis autrement plus importants en termes d’emplois ou d’environnement.

L’ignorance de technologies développées dans des laboratoires locaux et dont l’impact espéré sur de nouveaux horizons de durabilité vaudrait assurément un appui est générale, largement plus important d’ailleurs dans l’horizon francophone que dans d’autres horizons culturels.

Citons brièvement quelques exemples :

  • celui de l’électronique à base d’encres polymères : la possibilité d’imprimer des puces électroniques conduit ainsi à des prototypes de simples boîtes de céréales comportant un clavier interactif, un écran et un haut-parleur, le tout imprimé sur la boîte et capable donc de diffuser des messages par exemple, voire de proposer des jeux….
  • celui de la photocatalyse qui permet la dépollution de l’air en débarrassant les espaces concernés des molécules organiques polluantes : le revêtement routier peut en être un parfait champ d’application.
  • celui du verre « intelligent » permettant au travers de l’utilisation des ondes sonores qui le parcourent, de donner accès à tout type de document en ligne par exemple sur une simple vitre.

II – Le nouveau rapport des territoires aux savoirs

L’économie de la connaissance dont les collectivités territoriales sont amenées à être les principaux vecteurs dans les quinze ans à venir permet au travers de programmes déjà à l’œuvre aujourd’hui en Finlande ou en Espagne notamment, mais également bientôt en Allemagne, en Autriche, voire en Italie amène à considérer l’habitant d’une ville ou d’un territoire comme celui que l’on doit amener à savoir et à être formé et informé dans quantité de domaines.

La sensibilisation à la durabilité du développement économique et social amène ainsi les chercheurs finlandais à intégrer dans leurs équipes de travail de nombreux jeunes non scientifiques afin de les initier par exemple aux grands enjeux technologiques.

Mais là encore, il ne faut pas sous-estimer la difficulté du développement de tels programmes dans l’horizon culturel français, alors même que certains sont déjà mis en œuvre en Amérique latine ou en Inde.

III – Un champ précurseur de nouvelles modalitésde développement territorial durable: l’accès à l’information en situation de mobilité

Les technologies de géolocalisation des données constituent un potentiel considérable pour une meilleure sensibilisation aux questions que nous évoquons ici.

Les expérimentations menées à cet égard en Grande Bretagne et en Scandinavie confèrent aux données transmises par les outils de communication non seulement une cohérence informationnelle sur l’environnement urbain ou territorial, mais également une réelle opportunité pour chacun d’y participer, ceci en matière d’architecture et d’urbanisme, mais également en ce qui concerne toutes formes d’atteinte à l’environnement.

En conclusion, il apparaît clairement que les principaux acteurs et contributeurs au développement durable se trouvent être les territoires qui donnent naissance à l’innovation d’une part et qui se caractérisent d’autre part par une gestion claire de la boîte à outils de leur identité. Les villes numériques sont les territoires par excellence du développement durable d’aujourd’hui et de demain.