Pour une prospective de la médiation de l’espace public

Résumé

laura_garcia_vitoria_microL’utilisation des outils d’infomobilité et les pratiques d’itinérance cognitive, de découverte et d’apprentissage en situation de mobilité qui ont commencé à se développer situent aujourd’hui la gestion de l’héritage urbain au cœur d’un espace informationellement annoté. Les espaces intelligents qui se créent autour de nous au travers notamment des technologies sans fil sont ainsi sur le point de nous offrir une sorte d’Internet ambiant décliné à l’échelle de la Cité qui se transforme en ville de la radiofréquence et des réseaux omniprésents.
Une ville amplifiée en quelque sorte par l’intrusion d’espaces multiples et où l’intelligence ambiante chère à Ian Pearson – le prospectiviste vedette de British Telecom – permet un renouveau des modes de gestion de la mémoire de nos environnements auxquels nous lient désormais à nouveau d’innombrables liens de savoirs. Des expériences ici et là permettent d’ores et déjà à ceux qui fréquentent un espace urbain de lui conférer un sens personnalisé, de se transformer en auteur en se servant de cet environnement et d’être au départ d’un processus de construction de connaissances. Bref de rechercher et de fournir informations et renseignements en des endroits où, quels que soient les domaines, l’héritage culturel est naturellement souvent présent.
Un réseau de réflexion qui développe aujourd’hui un important programme de recherche autour des développements potentiels des matrices sociales – Proboscis – est de la sorte parti de l’idée de ce que des technologies sans fil pouvaient créer en cartographiant l’expérience que font au quotidien ceux qui parcourent une ville et qui cherchent à établir un lien entre ce qu’ils font au quotidien – dans leur travail ou leurs activités culturelles – et ce qui se passe et se commente autour d’eux : en naît un nouveau paysage urbain, destiné à nous rendre tout à la fois archéologues de nos environnements, mais aussi contributeurs à leur développement, en ouvrant des espaces d’enquête dans l’épaisseur des expériences de la ville.
Le mariage de la géolocalisation et des reconstructions virtuelles par exemple offre aujourd’hui un horizon considérable en termes notamment de gestion des savoirs et de modalités d’acquisition de connaissances, bouleversant réellement certains paradigmes de perception de l’espace-temps. Il faudra ainsi évoquer les projets Amble du Media Lab Europe, Sonic City, un projet suédois de l’Institut Victoria – l’espace parcouru se voit transformé en musique, donnant ainsi à découvrir ou à penser tout ce qui le structure -, Tejp développé par le même institut à Stockholm, Texting Glances qui a été conçu par le Trinity College de l’Université de Dublin… Tout un panorama de nouvelles formes de médiation de l’espace public (avec notamment des procédés faisant appel à l’intelligence artificielle) se constitue ainsi, autour desquels s’agencent aujourd’hui de nombreux scénarios prospectifs. Ce sont eux que notre présentation entend présenter et analyser au travers des études menées au sein du Réseau européen des Villes Numériques.

Nom de l’auteur: GARCIA VITORIA Laura

Date de rédaction : 01/03/2006

UNIVERSITÉ FRANÇOIS RABELAIS-TOURS
Semaine de la Ville 2006 – Utopies et expérimentations
M.S.H. Villes et Territoires – CEDPM Centre d’étude du débat public et des médiations

Colloque international
Les Arts de la ville dans la prospective urbaine
Débat public et médiation (9-10 mars 2006)

Pour une prospective de la médiation de l’espace public
Laura Garcia Vitoria
Présidente de l’ONG Art – Education – Nouvelles Technologies
Directrice scientifique du Réseau européen des Villes Numériques

Plan de l’intervention

 

Plan de l’intervention

Introduction
1. Tout notre environnement s’apprête à se faire pourvoyeur de connaissances
2. Un monde urbain constitué de strates d’espaces et de flux informationnels
3. De nouvelles demandes face à une recherche territorialisée
4. La création de communautés locales intensives en connaissances
5. Les immatériels d’une nouvelle gouvernance territoriale
6. Le nouveau statut de l’image et son omni-présence dans la ville
Conclusion

Introduction

  • · la nécessaire réorganisation du savoir sociétal à l’échelle du territoire
  • · L’économie de la connaissance et les nouveaux impératifs de compétitivité sociale et territoriale nécessitent une profonde réorganisation du savoir au sein de nos villes.

Nous souhaitons d’emblée résumer l’essentiel de l’analyse prospective qui est la nôtre pour ce qui est de l’espace public de demain et des nouvelles formes de médiation qui sur le point d’en transformer perception et usages : l’espace public de nos mondes urbains – traditionnellement dépositaire d’une image de transmission d’informations et de savoirs – tend à évoluer vers un statut d’espace de connaissances où ce seront des liens informationnels qui caractériseront de plus en plus les rapports de l’individu à son environnement. Autrement dit, l’espace publique sera la métaphore même et l’incarnation d’un espace de connaissances et tout un panorama de nouvelles formes de médiation en termes d’informations et de savoirs pourra ainsi se constituer.

L’utilisation des outils d’infomobilité et les pratiques d’itinérance cognitive, de découverte et d’apprentissage en situation de mobilité qui ont commencé à se développer situent aujourd’hui la gestion de l’héritage urbain au cœur d’un espace informationellement annoté. Les espaces intelligents qui se créent autour de nous au travers notamment des technologies sans fil sont ainsi sur le point de nous offrir une sorte d’Internet ambiant décliné à l’échelle de la Cité qui se transforme en ville de la radiofréquence et des réseaux omniprésents.

Une ville amplifiée en quelque sorte par l’intrusion d’espaces multiples et où l’intelligence ambiante chère à Ian Pearson – le prospectiviste vedette de British Telecom – permet un renouveau des modes de gestion de la mémoire de nos environnements auxquels nous lient désormais à nouveau d’innombrables liens de savoirs. Des expériences ici et là permettent d’ores et déjà à ceux qui fréquentent un espace urbain de lui conférer un sens personnalisé, de se transformer en auteur en se servant de cet environnement et d’être au départ d’un processus de construction de connaissances. Bref de rechercher et de fournir informations et renseignements en des endroits où, quels que soient les domaines, l’héritage culturel est naturellement souvent présent.

Un réseau de réflexion qui développe aujourd’hui un important programme de recherche autour des développements potentiels des matrices sociales – Proboscis – est de la sorte parti de l’idée de ce que des technologies sans fil pouvaient créer en cartographiant l’expérience que font au quotidien ceux qui parcourent une ville et qui cherchent à établir un lien entre ce qu’ils font au quotidien – dans leur travail ou leurs activités culturelles – et ce qui se passe et se commente autour d’eux : en naît un nouveau paysage urbain, destiné à nous rendre tout à la fois archéologues de nos environnements, mais aussi contributeurs à leur développement, en ouvrant des espaces d’enquête dans l’épaisseur des expériences de la ville.

Le mariage de la géolocalisation et des reconstructions virtuelles par exemple offre aujourd’hui un horizon considérable en termes notamment de gestion des savoirs et de modalités d’acquisition de connaissances, bouleversant réellement certains paradigmes de perception de l’espace-temps. Il faudra ainsi évoquer les projets Amble du Media Lab Europe, Sonic City, un projet suédois de l’Institut Victoria – l’espace parcouru se voit transformé en musique, donnant ainsi à découvrir ou à penser tout ce qui le structure -, Tejp développé par le même institut à Stockholm, Texting Glances qui a été conçu par le Trinity College de l’Université de Dublin… Tout un panorama de nouvelles formes de médiation de l’espace public (avec notamment des procédés faisant appel à l’intelligence artificielle) se constitue ainsi, autour desquels s’agencent aujourd’hui de nombreux scénarios prospectifs. Ce sont eux que notre présentation entend présenter et analyser au travers des études menées au sein du Réseau européen des Villes Numériques.

L’espace public de nos mondes urbains tend à évoluer vers un statut de lieux de connaissances où ce seront des liens informationnels qui caractériseront de plus en plus les rapports de l’individu à son environnement.

Autrement dit, cet espace sera la métaphore et l’incarnation de strates de connaissances et un panorama de nouvelles formes de médiation en termes d’informations et de savoirs pourra ainsi se constituer.

1. Tout notre environnement s’apprête à se faire pourvoyeur de connaissances.

  • les Spot Codes (des code-barres circulaires) qui peuvent être placés sur n’importe quel support (arrêt de bus, affiche, annonce, objet…) et lus par un mobile équipé d’un appareil photo et d’un petit logiciel spécifique de reconnaissance d’image. (Vodafone ou DoCoMo, SiGGraph en août 2004, Mitsubishi…)
  • les multiples écrans parsemant nos villes, des écrans qui auront donné naissance à de nouvelles applications ou à de nouvelles générations de machines portables, écrans « dépliables » et « journaux électroniques enroulables » et voir généralisés sur les vêtements ou les emballages de certains objets.

2. Un monde urbain constitué de strates d’espaces et de flux informationnels

  • L’utilisation de grandes surfaces de verre.
  • Ni clavier ni écran ni gants ni marqueurs optiques… Il est permis désormais de surfer sur Internet du bout des doigts.

3. De nouvelles demandes face à une recherche territorialisée

L’exemple d’une kennistadt hollandaise : déjà connue pour son « projet pilote fibre » (connecter toute la ville en fibre optique, une municipalité de la banlieue d’Amsterdam), Almere, vient d’annoncer une sorte de première mondiale : la création de la « première grille de calcul hétérogène municipale » afin de répondre aux besoins des entreprises et laboratoires publics et mettre à disposition de ces laboratoires les capacités inexploitées des ordinateurs reliés à son réseau très haut débit (100 Mb/s).
On imagine les habitants d’un quartier ou d’une ville suivre en ligne les travaux sur le patrimoine local, sa restauration, son aménagement, son animation…

4. La création de communautés locales intensives en connaissances

Deux formes essentielles :

  • des communautés de pratiques qui font circuler à l’échelle locale et comparent de manière incessante les meilleures pratiques
  • des communautés épistémiques qui sont des groupes engagés dans des processus de création de connaissance et qui construisent progressivement une structure commune permettant une compréhension partagée.

5. Les immatériels d’une nouvelle gouvernance territoriale

Sans connaissance commune des affaires publiques de la part des habitants, les administrations locales seront condamnées à de multiples formes d’inertie.

Reposant d’avantage sur des savoirs, les politiques publiques européennes devront également se faire les vecteurs d’un large apprentissage

Il faudra donc renforcer l’évaluation moderne dans une démarche d’apprentissage collectif des politiques.

6. Le nouveau statut de l’image et son omni-présence dans la ville

L’apparition d’un nouveau statut de l’image dans la ville vient de ce qu’elle apparaît de plus en plus anthropomorphique  » embarquée  » et bien omniprésente et surtout caractérisée par son ubiquité.

L’image se définit aussi comme une représentation commune de la réalité et à ce titre le rôle qu’elle joue dans la coordination des connaissances individuelles est amené à former l’un des processus majeurs du nouvel horizon économique

Conclusion

D’autres horizons :

  • le leadership cognitif
  • Les nouveaux supports des futures stratégies communicationnelles : la perception augmentée, l’utilisation de la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle
  • la transparence et l’éthique dans les modes de décision…

Ils deviennent de réelles conditions de succès pour le développement des collectivités.

Colloque international Les Arts de la ville dans la prospective urbaine
Débat public et médiation – Semaine de la Ville 2006
« M.S.H « VILLES ET TERRITOIRES » Département Aménagement – Université François Rabelais, Tours.

Programme
JEUDI 9 MARS – VENDREDI 10 MARS

Séance inaugurale
Michel LUSSAULT, Président de l’Université
Loïc VAILLANT, Vice-Président chargé de la Recherche
Sylvette DENEFLE,, Directrice de la MSH « Villes et Territoires »
Serge THIBAULT, Directeur de l’UMR CITERES
Pascal SANSON, Directeur du CEDPM, responsable scientifique du colloque

Salle 115 – Session : Architecture et compositions urbaines
Giuseppe BONACORSI, « Relecture de la ville moderne : les éléments essentiels de la qualité urbaine »
Heddya BOULKROUNE, Abdelkader BEN SACI, « Architectures de la rue : processus d’information sémio-morphique »
Patrizia LAUDATI et Hafida BOULEKBACHE, « Prospectives urbaines : de la connaissance des villes aux stratégies d’action»
Isabelle de ROSE, «Le beffroi : symbole iconique d’une identité urbaine et régionale»

Salle 116 – Session : Sculpture publique – Art dans la ville
Bruno LONCHAMPT, « Enjeu de la présence artistique dans l’espace public urbain »
Michel COSTANTINI, « Sculpture publique et environnement : l’exemple de la statue équestre »
Boris CHUKHOVICH, « Symbolisme du globe et mythologie du pouvoir : analyse iconologique du monument d l’indépendance de l’Ouzbékistan »
Alexandre CUBIZOLLES et Sabine THUILIER, « Le BULB »

Session : Architecture et compositions urbaines
Josep MUNTAÑOLA THORNBERG, « Barcelona 2000 – Effets de la globalisation »
Damien MASSON, « Le mouvement : un révélateur des potentialités esthétiques de l’architecture ordinaire?»
Luis Angel DOMÍNGUEZ MORENO, «Habiter le lieu : le marché de Sainte-Catherine à Barcelone»
Christian DEHAYNIN et Bernard PAGAND, « Strasbourg : la question de la gare et de sa place »
Diana PALAZOVA-LEBLEU, « Lille, 1900-1939 : La construction d’une ville moderne »

Session : Sculpture publique – Art dans la ville
Catherine GROUT, « L’oeuvre processus comme mode d’intervention collective »
Gilbert SMADJA, « Art et espace public : pour une démarche urbaine »
Valérie MELIANI, « Art numérique et espace public : quels positionnements ? quels enjeux ? »

Session : Débat public et médiation
Laura GARCIA VITTORIA, «Pour une prospective de la médiation de l’espace public»
Michèle GELLEREAU, Emilie DA-LAGE, « L’expert et l’amateur : valoriser l’interprétation du patrimoine urbain par les habitants »
Albert LEVY, « Vers un urbanisme transactionnel ? »
Anne GONON, « Quand est-ce qu’on arrive ? : le spectacle comme espace de débat public »
Valérie VITALBO, « Lynch et l’imagibilité’ des musées »

Session : Débat public et médiation
Daniel JACOBI, « La fréquentation du patrimoine architectural urbain : Visiter la ville, Visiter les monuments»
Cécile BANDO, Gaëlle CRENN, « Dispositifs de médiation de la Place Stanislas dans le cadre de «
Nancy 2005 : Le Temps des Lumières »
Natacha CYRULNIK, « Expérimenter l’utopie pour révéler une réalité »
Orla GELAS, « La transmission, la médiation et l’appropriation de la culture des lieux industriels »
Wanda WEISSE, « 1871-1914 : Esquisse d’analyse d’une architecture allemande dans les régions annexées»

VENDREDI 10 MARS

Session : Art des jardins – Paysage urbain
Régis LABOURDETTE, « Le promeneur et la sculpture moderne et contemporaine au Jardin Des Tuileries »
Catarina Luísa Teles Ferreira CAMARINHAS, « De l’avenue-promenade au ‘greenway’ : L’utopie de l’urbain à Lisbonne »
Meriem BENKHEDDA MAMMERI, « Couleur et Identité urbaine en Algérie »

Session : Arts de la rue et de l’espace public
Michelle SUSTRAC, « Entre discours et pratiques, nouveaux horizons »
Maud LE FLOC’H, « Des arts de la rue au projet urbain, “Mission repérage(s), un élu-un artiste”, une recherche-action menée dans 13 villes françaises »
Paul RASSE & Nicolas PELISSIER, « Cultures de la post modernité, entre fluidité des affoulements et créativité de l’espace public »
Caroline LENOIR, « Chanter la ville : sémantique et médiation dans l’espace public »
Céline FRECHARD, « L’art dans la rue : une nouvelle appropriation de l’espace »

Session : Art des jardins – Paysage urbain
Robert-Max ANTONI & Aude VASPART, « Le concours international arturbain.fr »
Marina TRAYSER, « ‘Les yeux de la ville’ , ou l’éphémère comme outil pour transformer l’espace public »
Jean-Pierre SELIC, « Les métamorphoses de Saint -Etienne : les travaux urbains comme oeuvre esthétique »

Session : Arts de la rue et de l’espace public
Magda SAURA, « Réinvention de l’art des lieux à Barcelone »
André SAUVAGE, « La fête, révélateur de notre temps… »
Hamza ZEGHLACHE, «Espace public, rituel et politique dans la ville arabo-musulmane »
Emmanuelle DUCROCQ, « Un ‘autre regard’: installation-performance »
Abdelwahed ALLOUCHE, « Le livre dans la rue : une démarche du ‘ Système Enfant-Rue’ »

Table ronde finale
Marcel RONCAYOLO, Professeur émérite E.H.E.S.S.
Eric LENGEREAU, Chef du Bureau de la Recherche architecturale et urbaine
Anne QUERRIEN, Editrice des Annales de la recherche urbaine
Robert-Max ANTONI, Président du Séminaire Robert Auzelle
Michelle SUSTRAC, Chargée de mission PUCA (Plan Urbanisme Construction Architecture)
Bernadette DUFRENE, Chargée de mission Centre Pompidou
Josep MUNTAÑOLA THORNBERG, Universitat Polytecnica de Catalunya
Michel DOLLFUS, Directeur du SDAP d’Indre et Loire
Michel LUSSAULT, Président de l’Université
Modération : Pascal SANSON, responsable scientifique du colloque

Séance de clôture
Présentation des synthèses par les rapporteurs et/ou modérateurs, membres du Comité Scientifique.
http://www.artville.free.fr