Les objectifs des stratégies euro-méditerranéennes du RVN

Résumé

Les objectifs des stratégies euro-méditerranéennes du RVN
1 – La dissémination des réussites. et des échecs
2 – L’accompagnement
3 – L’élaboration de scénarios prospectifs

Nom de l’auteur: Loechel André Jean Marc

Date de rédaction : 23/07/2006

Les objectifs des stratégies euro-méditerranéennes du RVN
André Jean-Marc Loechel

Introduction

AJML_Oriente_10Nos objectifs pour 2007 traduisent en tout premier lieu notre souhait à tous d’une vraie politique méditerranéenne de la part de l’Union européenne (tout comme en Europe même nous nous battons pour renforcer l’intégration européenne elle-même : cette considération est essentielle dans les constructions de synergies à venir, car il est clair que les deux connaîtront ensemble le succès ou l’échec). Et à ce jour, rien n’est gagné, sinon – mais c’est déjà beaucoup – la conviction de maints acteurs qui sont prêts à faire tout leur possible en ce sens.

Ce constat donne bien la tonalité de ce qu’il nous faudra faire ensemble : travailler non pas pour une quelconque motivation matérielle et financière de part et d’autre, mais – de manière pragmatique néanmoins et pas du tout utopique – apporter les uns et les autres notre modeste contribution à un héritage « méditerranéen » fort pour les générations à venir. Ce qui devront être les gagnants, ce sont ceux que nous pourront aider – par exemple les jeunes marocains qui souhaitent créer une entreprise innovante, des acteurs territoriaux qui veulent collaborer ensemble pour avoir une meilleure visibilité sur les technologies qui leur seront nécessaires, bref tous ceux qui souhaitent innover économiquement et technologiquement tout en assurant avec rigueur la gestion de leur identité : peu de nos contemporains – à part quelques décideurs éclairés – sont encore conscients d’une telle nécessité. Nous espérons – c’est là que réside notre réelle ambition – pouvoir y contribuer (nous renvoyons ici tout particulièrement à mes récentes interventions à Fez et Tunis et surtout à celles de Laura Garcia Vitoria à Marrakech et Alexandrie).

1 – La dissémination des réussites. et des échecs

Un point essentiel de ce qui peut être notre rôle – nous avons quasiment été d’abord crées pour cela – est d’intervenir dans un maximum de lieux, devant un maximum d’acteurs et de décideurs pour leur esquisser non nos propres jugements (fussent-ils technologiques), mais leur présenter les pratiques, expériences et réalisations d’autres territoires en Europe, dans le bassin méditerranéen, voire ailleurs dans le monde. Parfois en y emmenant les décideurs : en dehors des événements prévus sur les rives de la Méditerranée et ils seront nombreux -, nous préparons par exemple un colloque aux alentours du mois de novembre à Buenos-Aires – un très bel exemple de stratégie de développement local – ou encore un voyage à Pékin (peut-être dès octobre, nous devrions y ouvrir une adresse également en 2007 qui pourra y accueillir l’ensemble de ceux qui oeuvrent avec nous à l’échelle internationale).

Premier objectif donc, première activité : la dissémination. Ceci, encore une fois, au travers d’interventions, mais aussi de publications : un important travail, tout à fait essentiel, est toujours à faire avec les médias, les universitaires, les chercheurs. Dissuader par là même aussi de suivre des exemples qui ont échoué. Bref donner de la visibilité, fournir des repères.

2 – L’accompagnement

Agir sur le terrain

Notre Fondation – d’ici un an et demi environ, je l’espère en tout cas – reprendra ce que fait modestement notre association : une fois les objectifs, les modèles, les chemins fixés, il faut souvent retourner sur le terrain pour accompagner la mise en ouvre des mesures décidées : aider à convaincre les intéressés, faire se rencontrer sur des projets des acteurs qui ne se voient pas beaucoup (par exemple les milieux économiques et culturels, c’est le cas un peu partout.).

Faire se rencontrer aussi et surtout des entreprises en vue de la mutualisation de marchés et d’appels d’offres (européens, méditerranéens, internationaux.).

Dans le domaine de l’innovation et des technologies du numérique, vous le savez, c’est tout à fait essentiel, face à l’Asie notamment. Pour cela, les séminaires de présentations de projets pour des entreprises (notamment les PME) sont essentiels.

Contribuer à l’émergence de polarités de compétences

Créer des pôles des réseaux de compétences entre entreprises, universités, collectivités et des polarités de compétitivité à l’échelle des territoires n’est évidemment pas une fin en soi, mais in travail au quotidien.

Nous travaillons ainsi actuellement à la création d’un consortium francophone de pôles de compétitivité et à l’élaboration d’outils de collaboration qui puissent être réellement pertinents dans de un tel contexte. Une Université européenne créera ainsi, en étroite liaison avec ce consortium un Institut francophone de la compétitivité – le Maroc aura notamment ici, à notre sens, un rôle tout particulier à jouer -.

Faire d’une ville un territoire producteur de connaissances et d’intelligence

Cette expression est celle du maire de Buenos-Aires – évoquée ci-dessus – Jorge Telerman, devant des industriels argentins. C’est là l’un des axes majeurs de nos analyses. De tels projets sont en effet – contrairement à ce que certains en ont pensé -parmi les plus concrets : il s’agit d’agir afin qu’une instance territoriale démultiplie la formation pour tous ses habitants et surtout ceux qui en ont besoin dans leurs démarches professionnelles (exemples finlandais, espagnols.) : ce fut au printemps 2006 la raison d’être même de notre présence à Fès dont le projet de « ville du savoir » est à cet égard parfaitement exemplaire. La ville et la culture méditerranéenne s’y prêtent en effet largement, comme le souligne notre récent appel lancé à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie à l’occasion de la conférence EUMEDIS organisée par la Commission européenne.

Accompagner dans les rencontres internationales, représenter les interlocuteurs dans des manifestations

La rentabilité de la présentation des entreprises dans les salons et événements internationaux est aujourd’hui souvent douteuse. Faute surtout d’attractivité des stands et espaces, d’organisation de vrais événements et rencontres sur les stands et les espaces.Nos interventions successives à Alexandrie ont évoqué maints exemples en la matière.

Contribuer à faire imaginer de nouvelles méthodes de communication territoriale

Nous travaillons actuellement – parmi d’innombrables dossiers en la matière – à une plate-forme qui permettra la création de télévisions régionales et urbaines sur Internet pour un coût dérisoire (logiciels et hébergement fournis). On peut imaginer un lancement international d’une telle plate-forme pour le monde méditerranéen à l’automne.

Parmi d’autres technologies, figure également un outil gratuit de vidéo-blogs qui peut être un parfait outil d’initiation aux pratiques du réseau, mais aussi devenir un outil de promotion, nous l’espérons en tout cas, pour les villes et territoires.

3 – L’élaboration de scénarios prospectifs

L’intégration des technologies dans des dispositifs globaux

Les entreprises, les collectivités territoriales n’ont en rien le temps (si elles le faisaient, elles ne feraient plus rien d’autre) de s’informer des scénarios prospectifs qui pourtant concernent parfois étroitement les divers créneaux de leurs marchés.

C’est particulièrement vrai là encore des plus jeunes – même si c’est paradoxal -, les empêchant toute intégration (essentiel) de leurs technologies dans des dispositifs « vendables » sur le marché des collectivités territoriales par exemple. Leurs réussites sont alors souvent dues à l’ignorance de leurs interlocuteurs.

L’exemple du secteur touristique

L’exemple des offices de tourisme est à cet égard parfaitement accablant dans la plupart des villes et régions – et les victimes en sont généralement les usagers, les musées, les hôtels.

Nous avons ainsi longuement travaillé sur les stratégies territoriales de tourisme de la mémoire dont l’impact peut sensiblement prolonger le nombre de nuitées.

Sans même rappeler que de telles ignorances – en plus que de coûter cher aux finances municipales – fâchent avec les technologies ceux qui ne l’étaient pas encore. Des projets européens auxquels nous avons participé (MOSAIC, WEEST) l’ont amplement démontré tout au long de ces dernières années.

4 – L’insertion des actions menées dans les cadres internationaux de collaboration et de financement.

Nous retrouvons ici l’exemple de la politique européenne de voisinage, mais également celui des projets euro-méditerranéens en tant que tels, les diverses stratégies de financement possible (Banque mondiale, Banque islamique.) : la difficulté est rarement liée à l’inexistence de financements d’un côté ou de projets de l’autre, mais dans le fait qu’ils ne sont pas bien connus des intéressés et surtout que le montage des projets ne correspond souvent en rien à l’attente des organismes en question et des évaluateurs. Ici comme ailleurs, l’ignorance a des conséquences souvent tragiques.

Il est donc important ici plus qu’ailleurs de mieux faire correspondre offre et demande, et les acteurs territoriaux euro-méditerranéens auront en la matière un rôle tout particulier à jouer, pour leurs propres projets bien sûr, mais aussi celles des entreprises qui naissent ou se développent sur leurs territoires.