Colloque GRAF 98, 4ème Colloque Européen sur l’Autoformation, Dijon 10 au 12 décembre 1998

ENESADE – GRAF

Pratiques d’autoformation dans la société de l’information.

Inscription dans le thème 3: Autoformation, action et citoyenneté dans des territoires recomposés d’une société de l’information.

RESUME

537642_10151268327932092_968299244_nOn s’est peu interrogé à ce jour sur les lieux et les espaces susceptibles d’aider le citoyen d’une société de l’information en gestation à s’approprier les savoirs les plus pertinents pour gérer ses repères sociaux et intellectuels, en dehors des locaux universitaires naturellement, voire de l’ordinateur à domicile.

Or, il y a là une étrangeté, un singulier archaïsme, à l’heure où villes et régions, opérateurs de communication et acteurs du monde associatifs s’emploient à en diversifier tant la topographie que la typologie. De nouveaux espaces d’apprentissage virtuels naissent, en complète déconnexion avec le monde de l’enseignement universitaire et de la recherche français – ce n’est certainement pas le cas des universités néerlandaises (Amsterdam), ni allemandes (Darmstadt), italiennes (Bologne, Politecnico de Turin, Politecnico de Milan) ou encore espagnoles (Saragosse) -. Il est grand temps donc pour nous d’investir ces lieux, ce que nous avons commencé à faire en février dernier dans le cadre de l’auditorium de l’exposition « Nouvelles Images, nouveaux réseaux » lors d’une première synthèse en grande partie axée sur les réalisations des collectivités locales françaises et européennes en matière de lieux d’accès multimédia pour le citoyen destinés à son information dans le domaine culturel et à sa formation (on se reportera aux actes du «Mois des villes à l’ère numériques», réalisés sous notre direction avec la Cité des Sciences).

Il est apparu clairement à cette occasion qu’un nombre considérable de projets étaient en cours de réalisation, mais qu’ils n’avaient quasiment jamais fait l’objet de réflexions quant à la pertinence de leur agencement dans le domaine pédagogique et que les formulations utilisées relatives à leurs potentiels en termes d’autoformation relevaient d’a-prioris plutôt simplistes et surtout d’une ignorance quasi-totale de ce qui était entrepris en la matière dans d’autres collectivités en France et en Europe.

Il existe de nombreux terrains d’interrogation relatifs à de tels lieux crées ou en cours de création, comme celui des potentialités d’autoformation au sein de communautés virtuelles qui se développent dans un certain nombre de domaines au fur et à mesure que de telles possibilités d’accès et de connexion se multiplient.
On citera l’exemple du projet européen MOSAIC, qui s’inscrit dans le programme TEN TELECOM de la DG XIII et qui se veut précisément acteur à ces deux niveaux, celui des lieux et espaces d’accès en ligne à des ressources et des savoirs, mais aussi sur celui de la structuration de ces savoirs telle que de vrais processus d’autoformation puissent prendre corps, et ce de manière scientifiquement observable. Il s’agit là d’un projet où nous nous retrouvons acteurs puisqu’un – voire deux – espaces de ressource et de démonstration sont prévus en France d’ici décembre: le moment venu, nous proposerons donc à nos collègues du comité scientifique du GRAF de nous accompagner dans notre démarche au niveau tant de la conceptualisation des espaces que de l’observation des activités de formation que ces lieux engendreront.

UNE PREMIERE CARTOGRAPHIE DE TELS LIEUX EST DONC INDISPENSABLE. Les expériences menées à Bologne ou à Amsterdam en la matière constituent ainsi d’excellentes entrées en matière, quant à la position de la ville ou de la collectivité comme fournisseur d’accès, mais aussi quant aux choix de pilotages (les analyses publiées par les sociologues de l’Université d’Amsterdam sur l’Amsterdam virtuelle sont parfaitement significatives à cet égard, tout comme les rapports de l’Université et des musées avec la municipalité à Bologne: pensons aux travaux exemplaires du CINECA !).

André Jean Marc Loechel