La vie quotidienne dans une génération: scénario 2037

Résumé

schemaMarc Giget (CNAM), Tiphaine Rodriguez
La question du futur est importante, nous nous demandons tous vers où allons-nous? C’est pourquoi est venu l’idée du projet «expérience 2035» repris ensuite pour le scénario 2037. Les partenaires étaient nombreux: Les Echos, Sciences Avenir, Astrapi, Okapi, Phosphore,… Toutes ces revues ont diffusé le projet aux lecteurs et leurs ont demandé leur avis. Cela a permis un large panel allant des jeunes enfants aux personnes âgées.
Pourquoi 2035? L’objectif était de passer une génération, ainsi les enfants d’aujourd’hui seront les adultes et parents de la génération suivante.
Ce projet est fondé sur une simulation de la vie quotidienne et permet aux individus de réaliser un rêve, c’est-à-dire de voyager dans le futur. C’est une expérience multi sensorielle car nous utilisons tous nos cinq sens, et se sera la même chose dans 30 ans. Il faut donc prendre en compte l’ensemble de nos sens.
La démarche retenue est la prise en compte des connaissances, des anticipations, technologiques des experts à travers le monde ainsi que les visions d’artistes, des penseurs, des créateurs et des entrepreneurs. Elle intègre aussi les attentes, les souhaites, les désirs, les espoirs, les propositions, les attentes,… des individus. Il est nécessaire de demander l’avis à tout le monde, il y a donc eu un recueil de propositions : 5000 au total. Au final, on aboutit à un dialogue intergénérationnel car toutes les générations jouent un rôle important. Avec cette enquête, nous avons constaté que les individus ont des visions très contrastées du futur, tous n’ont pas une vision très futuriste du futur, c’est-à-dire qu’ils ne pensent pas vraiment aux nouvelles technologies mais considèrent plutôt le futur comme un retour aux sources. Les enfants, eux, n’ont pas d’appréhension de l’avenir. Les seniors ne sont pas inquiet non plus, ils ne sont pas pessimistes. Ils ont plutôt une vision philosophique car ils ne sont pas concernés en tant d’individus de la perspective 2035, ils pensent plutôt à leurs descendants. Ils ont un recul très intéressant. Les adolescents jouent un rôle très important car ils seront les décideurs en 2035 et pourtant, ils sont aujourd’hui très difficile à capter, on ne sait pas trop ce qu’ils pensent du futur. Il ne faut pas non plus oublier les entreprises car elles sont le chaînon indispensable entre les technologies et les sociétés, elles ont donc un rôle important de synthèse, de propositions.
Définir le futur est la meilleure façon de ne pas le craindre, en effet on ne cherche pas les problèmes mais on définit plutôt les solutions.
Pour parler du futur, il faut d’abord parler du passé pour voir quelles ont été les évolutions lors des générations précédentes. Ainsi, un flash back a été fait au cours de cette étude. Nous sommes retournés 4 générations en arrière, c’est-à-dire 120 ans en arrière. On constate que les générations passées ont été très contrastées mais qu’au final, il n’y a pas eu vraiment de progrès car tout ce qui a été gagné d’un côté, a été perdu de l’autre. Cependant, c’est entre 1880 et 1914 que le monde a le plus changé depuis les romains. Un autre constat a été que les visions du futur ont toujours surestimé l’impact de la science et de la technique, et cela était d’autant plus vrai au début du vingtième siècle.
Enfin, le délai entre les inventions génériques et leur usage concret dans la vie quotidienne est très important. Aujourd’hui, on compte de nombreuses nouvelles technologiques telles que les nanotechnologies, le génétique, l’intelligence artificielle,… 2037 est un délai encore trop court pour qu’il y ait une véritable application. Ainsi, dans certains domaines une vision à 30 ans peut être beaucoup trop courte pour qu’il y ait des changements.

Date de rédaction : 31/05/2007

Les Mardis de l’Innovation – Marc Giget (CNAM) – 29 avril 2007

Compte rendu rédigé par Tiphaine Rodriguez

Objectifs et méthode :

La question du futur est importante, nous nous demandons tous vers où allons-nous? C’est pourquoi est venu l’idée du projet « expérience 2035 » repris ensuite pour le scénario 2037. Les partenaires étaient nombreux : Les Echos, Sciences Avenir, Astrapi, Okapi, Phosphore,… Toutes ces revues ont diffusé le projet aux lecteurs et leurs ont demandé leur avis. Cela a permis un large panel allant des jeunes enfants aux personnes âgées.

Pourquoi 2035? L’objectif était de passer une génération, ainsi les enfants d’aujourd’hui seront les adultes et parents de la génération suivante.

Ce projet est fondé sur une simulation de la vie quotidienne et permet aux individus de réaliser un rêve, c’est-à-dire de voyager dans le futur. C’est une expérience multi sensorielle car nous utilisons tous nos cinq sens, et se sera la même chose dans 30 ans. Il faut donc prendre en compte l’ensemble de nos sens.

La démarche retenue est la prise en compte des connaissances, des anticipations, technologiques des experts à travers le monde ainsi que les visions d’artistes, des penseurs, des créateurs et des entrepreneurs. Elle intègre aussi les attentes, les souhaites, les désirs, les espoirs, les propositions, les attentes,… des individus. Il est nécessaire de demander l’avis à tout le monde, il y a donc eu un recueil de propositions : 5000 au total. Au final, on aboutit à un dialogue intergénérationnel car toutes les générations jouent un rôle important. Avec cette enquête, nous avons constaté que les individus ont des visions très contrastées du futur, tous n’ont pas une vision très futuriste du futur, c’est-à-dire qu’ils ne pensent pas vraiment aux nouvelles technologies mais considèrent plutôt le futur comme un retour aux sources. Les enfants, eux, n’ont pas d’appréhension de l’avenir. Les seniors ne sont pas inquiet non plus, ils ne sont pas pessimistes. Ils ont plutôt une vision philosophique car ils ne sont pas concernés en tant d’individus de la perspective 2035, ils pensent plutôt à leurs descendants. Ils ont un recul très intéressant. Les adolescents jouent un rôle très important car ils seront les décideurs en 2035 et pourtant, ils sont aujourd’hui très difficile à capter, on ne sait pas trop ce qu’ils pensent du futur. Il ne faut pas non plus oublier les entreprises car elles sont le chaînon indispensable entre les technologies et les sociétés, elles ont donc un rôle important de synthèse, de propositions.

Définir le futur est la meilleure façon de ne pas le craindre, en effet on ne cherche pas les problèmes mais on définit plutôt les solutions.

Pour parler du futur, il faut d’abord parler du passé pour voir quelles ont été les évolutions lors des générations précédentes. Ainsi, un flash back a été fait au cours de cette étude. Nous sommes retournés 4 générations en arrière, c’est-à-dire 120 ans en arrière. On constate que les générations passées ont été très contrastées mais qu’au final, il n’y a pas eu vraiment de progrès car tout ce qui a été gagné d’un côté, a été perdu de l’autre. Cependant, c’est entre 1880 et 1914 que le monde a le plus changé depuis les romains. Un autre constat a été que les visions du futur ont toujours surestimé l’impact de la science et de la technique, et cela était d’autant plus vrai au début du vingtième siècle.

Enfin, le délai entre les inventions génériques et leur usage concret dans la vie quotidienne est très important. Aujourd’hui, on compte de nombreuses nouvelles technologiques telles que les nanotechnologies, le génétique, l’intelligence artificielle,… 2037 est un délai encore trop court pour qu’il y ait une véritable application. Ainsi, dans certains domaines une vision à 30 ans peut être beaucoup trop courte pour qu’il y ait des changements.

Voici quelques exemples de propositions d’enfants :

Ani-mots : appareil de poche à énergie solaire traduisant les cris d’animaux en langage humain.

  • Cerf-volant à bébé
  • Bombe à arrêter la guerre
  • Un quatrième étage à la Tour Eiffel
  •  …

Outils d’une vision globale largement diffusée :

«Un problème bien posé est à moitié résolu»

Pour cette étude, c’est la famille moyenne européenne qui a été choisie, ce qui signifie que la vie quotidienne qui a été projeté en 2037 est celle de cette famille.

De nombreux outils permettent de donner une vision sur 30 ans.

Energies:

L’éolien et le solaire restent marginaux mais la production d’énergie décentralisée s’est développée et les maisons nouvelles sont autonomes en énergie. Il existe par exemple des toitures « triple play » : elles servent de couverture et produisent en plus de la chaleur et de l’électricité. D’ici 30 ans, il y aura des découvertes mais pas de véritable changement dans le quotidien des gens. Il y aura toujours des problèmes de consommation, quasiment tout ce que nous utilisons nécessite de l’électricité.

Le secteur énergétique deviendra le premier secteur en R&D.

Enfin, il y aura des économies à tous les étages. Les progrès techniques et les taxes améliorent fortement l’efficacité énergétique.

Micro-puces :

Il y en a dans partout, dans tout. Elles en savent beaucoup et dialoguent avec nous. Elles ne coûtent pas cher et permettent d’optimiser.

Génétique :

La dans ce domaine là, est le pays le plus retissant. Mais d’ici 30 ans, la relation sera apaisée avec l’adaptation génétique. Il y aura de nombreuses avancées.

Agriculture :

L’efficacité est très accrue dans l’agriculture, et ce principalement grâce à l’amélioration de la génétique.

Architecture :

On se tourne de plus en plus vers le végétal : couverture, murs,… la nature rentre dans la maison. Nous avons une meilleure dans la nature.

Contenu des bibliothèques et des musées :

Il y aura une accessibilité de l’ensemble du monde à toutes les connaissances en très peu de temps (0,00005 seconde). Cela est encore sous estimé or l’impact dans les pays en développement sera considérable car ça leurs permettra de sauter des étapes. Le dialogue entre le passé et le futur est de plus en plus possible grâce à l’informatique. On peut même reconstruire des vestiges de l’Antiquité en 3D.

La naissance, la vie :

L’assistance à la vie est très développée, il n’y a quasiment plus de couple stérile.

Santé :

On constate une hypertrophie de la technologie médicale. L’hôpital est révolutionné par les TIC. Les équipes deviennent pluridisciplinaires et les modes de fonctionnement dans les hôpitaux changent avec l’arrivée d’ingénieurs dans les hôpitaux.

Education :

La révolution va être que toutes les connaissances vont être accessibles en ligne. La priorité va être à la compréhension, à l’expérimentation et à l’échange. Les modes d’éducation vont être très différents.

Saveurs de demain :

Il y a une rupture entre le monde de la recherche et la société. On s’oriente de plus en plus vers la reconstitution de variétés disparues, les nouveaux hybrides, les nouvelles saveurs. On parle de « nouveau à l’ancienne ». L’alimentation est plus en phase avec la vie actuelle. Les problèmes de surpoids nécessitent un changement dans l’alimentation.

Il y a d’énormes changements. L’inquiétude vient plutôt du nouveau que de l’ancien. Les français détiennent le « mythe du paradis perdu ».

Mégalopoles :

L’Europe sera en décalage avec cela, elle sera moins concernée que l’ensemble des autres pays et surtout des pays actuellement émergents. Shanghai est un prototype de la mégapole high-tech de demain.

Nouvelle relation à la nature :

La nature va regagner du terrain, du fait de l’abandon de surfaces cultivées et de l’intrusion de la nature dans la ville (toits, murs, jardin,…) et dans la maison (cloisons végétales et jardins intérieurs).

La Chine et le Chinois :

Il y aura des chinois partout dans le monde. Rien qu’en France, il y aura entre 50 et 80 millions de touristes chinois par an. L’économie sera sous le contrôle des chinois et des indiens. Il y a déjà un maillage avec les valeurs asiatiques mais il va y avoir une évolution majeure qui va changer les axes de coopération, la manière de fonctionner,…

Télé-vision :

On va passer de la « petite lucarne » (télévision) aux « grands balcons » (écran de la taille d’un mur de très haute définition). La télévision constitue une présence virtuelle chez soi. Il existe au total 5000 chaînes de télévision. Les individus s’ouvrent de plus en plus sur différents mondes : le microcosme, les proches (aspect communautaire), les nouvelles du monde, les voyages, l’univers, le virtuel (monde parallèle car c’est le cas aujourd’hui avec « second life »). L’exploration de l’univers intéresse beaucoup des individus. On pourra, en direct de chez soi, participer à la découverte, on jouera un rôle de le choix des projets.

NTICI (nouvelles technologies de l’information, de la communication et de l’intelligence):

La révolution la plus importante va être l’interprétation automatique car elle va casser les barrières de la langue.

Les seigneurs des nanos :

Les nanos offrent légèreté, finesse, résistance, élégance. Elles permettent le tout petit. Aujourd’hui, il y a encore des problèmes de pollution. Dans ce domaine, nous avons plutôt un horizon dans les applications scientifiques et dans le médical.

Confusions générationnelles :

Beaucoup parlent de vieillissement de la population or nous sommes plutôt dans le cas de l’allongement de la durée de vie. 60% des filles nées en 2000 seront centenaires. Cela ne rassure pas les gens, ils sont assez inquiétés. Ils trouvent qu’il y a déjà beaucoup de vieux et personnes ne s’occupent d’eux alors qu’en sera-t-il quand le nombre de personnes âgées aura considérablement augmenté?