Défis de santé et TIC – Europe et Afrique – Besoins différents – réponses adaptées

Résumé

schemaLes technologies de l’information et de la communication prennent une part de plus en plus importante dans le domaine de la santé. Les acteurs sont aussi bien publics que privés, français, européens qu’internationaux. Cette journée nous a donné un aperçu des expériences utilisant les TIC dans la santé qui sont actuellement menées. Les enjeux et les apports ont eux aussi été définis lors de cette journée. La télésanté joue un rôle de plus en plus important car elle permet d’offrir des soins et des services de santé de meilleure qualité et plus adaptés aux besoins de la population. L’utilisation des TIC dans la médecine permet une réduction importante des coûts et assure un meilleur suivi des malades par le corps médical.

Date de rédaction : 31/05/2007

Compte-rendu du séminaire organisé par l’ASN, UNFM et la RAFT
Par Tiiphaine Rodriguez

Paris – 24 mai 2007

Les technologies de l’information et de la communication prennent une part de plus en plus importante dans le domaine de la santé. Les acteurs sont aussi bien publics que privés, français, européens qu’internationaux. Cette journée nous a donné un aperçu des expériences utilisant les TIC dans la santé qui sont actuellement menées. Les enjeux et les apports ont eux aussi été définis lors de cette journée. La télésanté joue un rôle de plus en plus important car elle permet d’offrir des soins et des services de santé de meilleure qualité et plus adaptés aux besoins de la population. L’utilisation des TIC dans la médecine permet une réduction importante des coûts et assure un meilleur suivi des malades par le corps médical.

Première partie : Défis de santé en Afrique : La place des TIC pour atteindre les objectifs du millénaire

En 1996, le département pour les maladies transmissibles fut créé mais il nécessite d’important coûts et d’études spécifiques.

L’OMS a créé, en Avril 2000 à Genève, un réseau mondial d’Alerte et d’Action en cas d’épidémie (GOARN). L’objectif de ce réseau est d’aider les pays et les autorités sanitaires à anticiper et à gérer les crises épidémiologiques ou pandémiques. Pour cela, il soutient les pays dans la lutte contre la propagation internationale des épidémies ou des maladies émergentes, il veille aussi à ce que les États touchés bénéficient le plus rapidement possible d’une assistance technique appropriée et contribue à la préparation aux épidémies et au renforcement des capacités à long terme.

Le Règlement sanitaire international (RSI) a été révisé en 2005. En effet, le monde change, la population vieillie, évolue, bouge, l’urbanisation se développe,… c’est pourquoi, le nouveau RSI a été voté le 23 mai 2005 pour correspondre à la population actuelle. Il rentrera en vigueur le 15 juin 2007. Il fixe de nouvelles règles applicables à la collaboration internationale dans le domaine du contrôle des maladies infectieuses. Son domaine d’application s’étend à l’ensemble des événements susceptibles de présenter un danger pour la santé publique. L’objectif principal du RSI est de lutter contre la propagation internationale de maladies infectieuses tout en évitant de créer des entraves au trafic ainsi qu’au commerce international. Avec la nouvelle révision du RSI, on passe du contrôle des frontières vers un continent à la source, des maladies désignées vers toutes les menaces et des mesures prédéfinis vers des réponses adaptées. Cette réglementation s’appuie sur un partenariat global et sur quatre grands secteurs : voyages et transports internationaux, système d’alerte et d’action global de l’OMS, programme de contrôle spécifique de menace et surveillance et action de santé publique nationale. Il faut détecter précocement des systèmes pour assurer une action de santé publique à tous les niveaux (local, régional et national). Les défis majeurs tels que l’impulsion politique, la partenariat mondial, la collaboration intersectorielle et la mobilisation des ressources (financières et humaines) concernent tout le monde.

Dr Louise Lassonde, secrétaire exécutive de l’Agence mondiale de solidarité numérique est venue nous expliquer les enjeux de la solidarité numérique en matière de santé.

Le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) s’est déroulé en 2 phases. La première phase, accueillie par le Gouvernement suisse, a eu lieu à Genève du 10 au 12 décembre 2003 et la deuxième phase, accueillie par le Gouvernement tunisien, a eu lieu à Tunis du 16 au 18 novembre 2005. L’objectif de la première phase était de formuler très clairement une volonté politique et prendre des mesures concrètes pour poser les bases d’une société de l’information accessible à tous, tout en tenant entièrement compte des différents intérêts en jeu. L’objectif de la deuxième phase était quant-à-lui de mettre en œuvre le Plan d’action de Genève et d’aboutir à des solutions ainsi que de parvenir à des accords sur la gouvernance de l’Internet, les mécanismes de financement, et le suivi et la mise en œuvre des documents de Genève et Tunis.

L’agence mondiale de solidarité numérique travaille avec les collectivités locales. Les modalités de coopération ont changé, avant les coopérations étaient multilatérales, l’OMS fixait par exemple les standards mondiaux et il y avait très peu d’équipes en interne sur le terrain. Il y avait une limitation budgétaire. Aujourd’hui, les coopérations sont décentralisées (depuis vingt ans environ en France). Le changement principal est qu’aujourd’hui on constate la présence de professionnels dans la coopération internationale. De plus, les collectivités souhaitent aujourd’hui rendre l’information transparente. En effet, elles ont le souci de rendre compte l’utilisation d’une partie de leur budget pour la coopération. Les collectivités allient à la fois expertise et savoir-faire.

Mme Nicole Hill, directrice marketing du secteur public et de la santé du groupe Alcatel, nous fait part de son point de vu concernant le co-développement et les TIC. Il est possible d’améliorer et d’enrichir la qualité de vie en adoptant les TIC. Alcatel est, aujourd’hui, présent dans 130 pays surtout dans les pays émergents. La société met en place de grands programmes dans les pays mais aussi dans les villes, principalement dans le secteur public. Les objectifs d’Alcatel sont tout d’abord de permettre l’accès aux soins à tous, mais aussi de réagir rapidement en cas d’épidémie et enfin de déployer la tétémédecine, c’est-à-dire d’apporter des soins où que l’on soit. Il y a dons un réel désir de partage de l’information. Son défi relève d’outils informatiques, de différents systèmes, et de solutions de type informatique.

On constate une évolution croissante des maladies chroniques, c’est pourquoi il a eu la création d’une architecture dédiée aux problèmes de santé.

La haut débit est nécessaire pour transférer les données or seul 470 millions de personnes y ont accès dans le monde sur 6 millions d’habitants dans le monde. Ainsi, en réaction à cela, il se met en place de plus en plus de télécentres dans le monde rural. Ils permettant, à travers une bonne cohérence d’acteurs locaux, publics,…, d’apporter des services ayant un impact sur la population que ce soit dans les domaines de l’agriculture, de l’administration, des applications de santé,… Les télécentres peuvent être installés dans un local mais peuvent aussi être mobiles, comme c’est le cas en Asie avec e-Touc-touc. On peut être connecté où que l’on soit vers des centres de référence.

Un deuxième point de vue des industriels est celui de PI Services. Le rôle de la société est de faire en Afrique la même chose que l’on a fait en France. Ainsi, on déplace des savoir-faire. On informatise les villes et les villages. Il met en place des infrastructures communicantes ainsi que des outils complémentaires permettant le bon fonctionnement ainsi que l’évolution de ces infrastructures. PI Services propose des services et solutions techniques permettant une bonne sécurité. Il faut créer la confiance et la crédibilité sur place, c’est pourquoi 17 personnes sont présentes en Afrique. Aujourd’hui, beaucoup de pays donnent leur confiance. En 12 ans, plus de 2 000 ordinateurs ont été installés.

Le dernier point de vue industriel est celui de Télémedia Communications. Cette entreprise est spécialisée dans les terminaisons de trafic international en VOIP. Le but est de transformer la voix en données informatiques. Le trafic téléphonique est très important entre le Nord et Sud et principalement entre l’Europe et l’Afrique. Depuis 2006, Télémedia Communications propose de mettre en œuvre des projets de communication numérique rurale reliant les communautés de migrants résidents dans les pays du Nord avec leurs régions d’origine du Sud. Ce modèle permet de réduire les coûts et d’avoir accès au haut débit. C’est un modèle économique, innovant, pérenne qui s’inscrit dans le cadre des partenariats publics-privés et qui intègre la participation financière, le cofinancement issu de différentes institutions nationales et la participation des collectivités locales. L’entreprise propose donc un outil au service des acteurs de développement qui se heurtent très souvent à des obstacles tels que le manque de connectivité ou les prix élevés. Les intérêts de ce projet sont multiples : économies du projet, réduction de la fracture numérique, implication des Diasporas et des jeunes nés en France, aide au développement économique et social. Aujourd’hui, de nombreux projets sont en cours dans les pays africains : au Bénin, aux Comores, au Mali, au Cameroun,…

Des exemples de coopération et de programmes de formation concernant la e-santé ont ensuite été présentés. Certaines de ces présentations ont été faites en visiophonie avec des établissements africains.

L’AFTAM offre un hébergement social de 20 000 places dans toute la France pour les immigrants, les handicapés,… Pour la ville de Montreuil, la solidarité internationale joue un rôle très importants, elle informe et utilise des pratiques décentralisées et intervient dans les coopérations décentralisées. La transparence est fondamentales des ses démarches. Montreuil est considérée comme la deuxième capitale du Mali, c’est pour cela que la coopération avec ce pays est très importante pour la ville. L région Auvergne et le district Nanga-Eboko du Cameroun se sont unis pour mettre en place un programme permettant de réduire la mortalité maternelle en Afrique. Pour cela, l’Auvergne a lancé deux programmes. Le premier est le programme de base centripète et le deuxième est le programme de recherche opérationnelle centrifuge.

De nombreux programmes de formation ont été créés dans les universités africaines. L’université francophone de Brazzaville en est un bon exemple, tout comme l’université Senghor d’Alexandrie. Cette dernière est au service du développement africain depuis 15 ans. Quatre départements la compose : la santé internationale et la politique nutritionnelle, la gestion, la conservation du patrimoine et l’environnement. L’université prend 120 étudiants chaque année. La demande d’inscription est très importante : chaque année, on compte plus de 1 300 demandes de 25 pays différents. La sélection se fait sur dossier mais il y a aussi des épreuves écrites et des entretiens. Certains des entretiens ont eu lieu cette année par visiophonie, cela permet une grande simplicité. L’université organise de nombreux colloques, séminaires et conférences.

Le docteur Sagavé est venu clôturer la session sur l’Afrique en nous parlant du concept de Kit SOS. Cela consiste à utiliser la télémédecine pour la sécurité et l’aide à la décision rapide. Ce système est accessible à tous les utilisateurs : aux personnes dépendantes, aux assistants, aux médecins, ainsi qu’aux auxiliaires médicaux (infirmières, sages femmes,…). Un software a été développé permettant l’interopérabilité entre tous les appareils présents dans le kit pour saisir les principaux paramètres vitaux, télétransmettre les informations aux plateformes médicalisées, poser précocement un premier diagnostic et prendre les premières décisions thérapeutiques. Il existe plusieurs types de kit. Les mini kits pèsent 2,8kg, ils sont donc facilement transportables, peu encombrants et visibles dans l’obscurité car ils sont fluorescents. Le kit SOS Galavan, appelé aussi « flotte de solidarité africaine », est une camionnette équipée de tout le nécessaire médical minimum. Ce kit est efficace et rentable.

Deuxième partie : Défis de santé en Europe : La place des TIC dans les réponses des systèmes de santé

Impact Holding est une société hollandaise qui nous a fait part des résultats de son expérience. Meavita est une organisation de soins à domicile à la Haye et de services de prévention et d’éducation. Elle compte aujourd’hui 350 000 clients et 20 000 employés. Le premier objectif est d’améliorer la quantité et la qualité, c’est-à-dire avoir est plus de clients (car de plus en plus de personnes âgées) tout en ayant moins de moyens car le budget stagne. Le deuxième objectif la transition de semi-publique vers un marché compétitif. Le troisième objectif est d’améliorer le personnel car aujourd’hui il manque de personnel qualifié et enfin le dernier objectif est de trouver une solution au paradoxe de la prévention. Tout le monde parle de prévention mais personne ne veut payer pour. Meavita a pris une nouvelle décision stratégique qui consiste à mettre en place de nouvelles méthodes de travail par visio-téléphonie. La chaîne de valeur a, quant-à elle, été inversée de sens, en effet c’est l’entreprise qui devient au service de ses employés. Les utilisateurs de Meavita sont les personnes âgées et les handicapés. Meavita est utilisé par les utilisateurs dans leur domicile pour de nombreuse pratiques, cela leurs permet d’avoir des contacts conviviaux et ont l’assurance de la sécurité, on leurs diffuse des informations journalières et des divertissements, on leurs offre du confort et des services à la personne et enfin, on leur assure un traitement en cas de maladies chroniques. Les services offerts sont la visiophonie, la téléassistance et l’alarme individuelle, l’ouverture électronique de porte d’entrée, la téléaction (ouverture des volets, de la lumière,…), le téléchargement de photos, la gestion automatique des alertes, le téléachat de produits et services, et les alarmes domotiques (en cas de fumée,…). Le principe de fonctionnement est le suivant : le client est l’expert de sa propre vie et le professionnel est l’expert des soins. Les services ont lieu 24h/24, 7jours sur 7. Les résultats de ce projet montrent une grande satisfaction des clients qui ont ressenti une amélioration de leur qualité de vie.

L’exemple de la Pologne a ensuite été présenté par visiophonie. Ce sont en effet, des médecins polonais qui nous ont expliqué les avancés de la Pologne dans le domaine de la télémédecine. La Pologne est précurseur dans la télécardiologie, elle utilise la télétransmission d’électrocardiogrammes depuis les téléphones portables, ces derniers deviennent alors un élément crucial dans le système de télécardiologie. Les données sont aussi transmises à depuis les ambulances vers les hôpitaux pour que les médecins aient déjà pris conscience de la situation du malade avant qu’il arrive. Aujourd’hui, l’expérience a conduit à 535 transmissions depuis mars 2005.

M. Noël Nader du GIE (groupement d’Intérêt Economique) SESAM-VITALE a été le dernier intervenant de la journée. Il nous a présenté le programme Netcards. Le GIE SESAM-VITALE est une entreprise de services qui a pour missions la conception, l’expertise technique et la maîtrise d’œuvre du programme SESAM-Vitale. Il nous a présenté la feuille de route pour le déploiement des cartes électroniques d’Assurance-maladie en Europe. La carte européenne existe depuis mai 2004 et elle s’apprête à devenir électronique (la eCEAM). Elle constitue ainsi un ensemble de données correspondant aux informations figurant sur la CEAM visuelle et dont le traitement numérique produit une facture électronique. Elle offre en fait de nouveaux services avec les cartes existant déjà. La mise en place de ce programme se fait en plusieurs étapes. La première étape, appelée Phase A1, s’est déroulée en 2002-2003 et a consisté à faire une étude de faisabilité. On comptait alors 5 partenaires de 4 pays différents. La phase A2-A3 s’est déroulée en 2004-2006, des expériences sur le terrain ont été effectuées et des solutions ont été apportées. En 2006, 85 hôpitaux en Europe ont été pilotes. On comptait déjà 20 partenaires de 10 pays. Enfin, la dernière phase (phase B) va démarrer en juin 2007 et s’achèvera en 2009. On compte désormais 26 partenaires de la santé publique de 15 pays réunis en consortium ainsi que des sponsors. Le pré-déploiement du service sur plus de 300 sites est actuellement en cours. Les enjeux du programme Netcards est d’assurer la mobilité des citoyens en Europe, mais aussi pour les établissements et les professionnels de santé, ainsi que pour l’assurance maladie. Cela permet de faciliter la garantie de paiement et d’améliorer la traçabilité des dépenses. Le plan d’investissement pour 2002-20010 est de vingt millions d’Euros.

Cette manifestation a été organisée grâce à de nombreux partenaires : POLYCOM, Orange Business Services, PI Services, MEDICUS PARIS, Com avenue, cnes, Alcatel. Lucent, Hôpitaux Magazine – Santé&Société et telemedia communications. Tiphaine Rodriguez