schemaNom de l’auteur: GARCIA VITORIA Laura

Date de rédaction : 31/03/2006

Forum
« Nouvelles Technologies et Francophonie »
22 et 23 Mars 2006 – Centre d’affaires eurorégional de Timisoara – Roumanie

Compte-rendu du Forum de la Francophonie à Timisoara, Roumanie

  • Table-ronde n°1 « La mise en réseau des entreprises »
  • Table-ronde n°2 « L’inclusion numérique »
  • Table-ronde n°3 « Vers une Société de la Connaissance »
  • Table-ronde n°4 « Le français : langue d’innovation »
  • Conclusions et recommandations
  • Annexe
  • Projets et propositions

Table-ronde n°1 « La mise en réseau des entreprises »
Quels modèles de réseaux les entreprises peuvent-elles mettre en place ?

La première table ronde organisée au sein du Forum se voulait emblématique des questions évoquées dans le cadre de l’ensemble du Forum ; il présentait à ce titre d’emblée deux caractéristiques majeures.

La première, probablement en partie du fait même d’un public fort jeune et à l’évidence extrêmement motivé, était illustrée par des analyses traduisant une incontestable volonté d’aller plus vite et plus loin dans la construction d’une francosphère porteuse d’histoire et de valeurs dont précisément, on le sait, la nouvelle architecture institutionnelle est aujourd’hui largement avancée. Ceci au travers d’une démarche essentiellement basée sur l’innovation technologique, économique et linguistique, d’où son évocation dans le cadre de ce Forum et plus particulièrement au sein de cette première table ronde.

La seconde résidait en un souci fort de propositions concrètes et une vraie volonté de repérer au plus vite des chantiers où les diverses instances représentées pouvaient intervenir et mener des projets caractérisés par une vraie mutualisation des ressources et une intégration forte des objectifs et des programmes de chacun.

M. BEDROS a souligné d’emblée l’importance de la mise en réseau des initiatives pour une francophonie plus présente sur les chantiers de l’économie, ce que Mme MILHET illustrait parfaitement au travers de l’Institut Multimédia de Deva avec ses partenaires roumains, suisses et français ou encore Mme BACHELARD pour ce qui est de la Haute Ecole Arc.

Les opportunités aujourd’hui offertes à de nouveaux acteurs dans le domaine de l’économie du tourisme en constituent d’ailleurs une parfaite illustration.

M. VASIU et M. POPA, au nom de l’Université Polytechnique de Timisoara, ont évoqué tous deux – le premier au travers d’exemples locaux et le second au travers d’une remarquable étude globale – la question du management de la compétitivité et le positionnement aujourd’hui quelque peu en retrait de la francophonie à cet égard : le second intervenant a ainsi mis à profit les conclusions de son étude pour insister sur la nécessité de construire un véritable horizon francophone d’analyse en ce domaine.

L’Université Polytechnique se propose ainsi d’illustrer sa démarche en créant elle-même un Institut de la compétitivité qui puisse se faire promoteur – avec tous les autres partenaires intéressés – d’un consortium rassemblant les divers acteurs des pôles francophones de compétitivité.

L’introduction des enjeux économiques, suite aux propos de Monsieur Bedros, a d’ailleurs été une vraie constante des discussions entre intervenants tout au long du Forum, les liens entre l’attractivité linguistique et territoriale, la compétitivité économique donc, mais aussi la compétitivité sociale et personnelle que l’horizon culturel de la francophonie a souvent incarné de fait et peut encore incarner demain. Le fait de traiter du terrain économique dès le premier atelier du Forum a pour cette même raison rallié les suffrages de nombre de participants.

Table-ronde n°2 « L’inclusion numérique »

Le deuxième atelier a eu pour objectif d’évoquer les modalités dans le cadre d’une meilleure inclusion numérique. Une première observation s’avérait constamment sous-jacente aux interventions de la seconde table ronde : tout au long de l’année 2005 ont été développées de multiples analyses et observations à l’échelle internationale sans que la francophonie ne s’en empare réellement ou du moins n’en donne réellement l’impression. Le débat permit l’élaboration de véritables stratégies en ce sens, afin que tous les participants puissent s’en faire les porteurs ou en deviennent partenaires.

Le glissement qui a été ainsi récemment observé dans ces manifestations internationales – presque tous les intervenants l’ont souligné – entre société de l’information et économie du savoir permet en effet aujourd’hui à la francophonie de s’emparer de manière décisive des questions relatives aux nouveaux horizons technologiques de transmission de connaissances. Les problématiques canadiennes évoquées par M. BIBEAU rejoignaient à cet égard l’appel fort lancé par Mme GUELLOUZ, tout comme les constats brossés par M. TONVE et – depuis la salle – Mme ISMAILI ISMAIL, pour que les instances de la francophonie déploient tout au long des mois qui viennent une vraie démarche en ce sens : les organismes représentés par ces intervenants peuvent aujourd’hui toutes porter ou accompagner des initiatives d’inclusion numérique face à une fracture qui est d’abord scientifique et cognitive, et auxquels des établissements comme la Cité des Sciences et de l’Industrie – représentée par M. VIGOUROUX – peuvent apporter leur contribution.

M. PREOTU, tout comme M. ORZA, ont présenté les réalisations roumaines en ce domaine, en ce qui concerne l’utilisation de technologies de e-gouvernement de la Ville de Timisoara en ce qui concerne le second intervenant et, de manière générale, l’appui apporté aux divers porteurs de projets et d’initiatives par le Ministère roumain des Communications et de la Technologie de l’Information, appui à nouveau évoqué par le Ministre lui-même en ouverture de la troisième table ronde le lendemain.

Mme DIMINESCU a conclu, au travers de son expérience d’étude des technologies de la mobilité migratoire à la Maison des Sciences de l’Homme à Paris, d’apporter une réponse clairement prospective à la question posée à l’ensemble des participants au travers des nouveaux outils de géolocalisation et des réseaux sans fil, dont l’utilisation changera notre rapport aux espaces et lieux institutionnalisés de distribution et de transmission de connaissances. L’intervenante a en outre plaidé avec force pour créer encore une véritable dynamique des acteurs de la francophonie en la matière, au travers notamment de projets qui pourront être développés et portés par la MSH.

Bien des efforts restent ainsi à faire pour que les acteurs engagés en ce domaine puissent mieux structurer leurs synergies dans l’élaboration de contenus en ligne et leur diffusion, en liaison la plus étroite possible avec les stratégies locales d’aménagement du territoire.

L’utilisation des technologies les plus innovantes comme vecteurs de transmission des savoirs sera en effet de plus en plus largement régional et l’action de la francophonie doit là encore s’appuyer largement sur la coopération entre autorités locales qui s’avèrent de plus en plus en la matière comme les vrais pilotes des expérimentations et réalisations de demain.

En outre, si de telles démarches locales se mettent en place, plusieurs participants au Forum ont assuré de leur conviction que la francophonie peut réellement viser à un positionnement de leadership.

Table-ronde n°3 « Vers une Société de la Connaissance »
Comment les nouvelles technologies contribuent-elles au développement d’une société de la connaissance?

Le troisième atelier eut le rôle difficile de détacher ses propos de nombre de paradigmes rendus obsolètes par la genèse aujourd’hui irréversible d’une société de la connaissance.

Une révolution conceptuelle forte, que traduisit parfaitement l’impressionnant tableau des stratégies développées tant par le gouvernement roumain que par des organismes comme la Fondation Janovics Jenö, stratégies présentées par M. Le Ministre NAGY, ou encore par le projet Olivier d’aide apportée par les technologies de la connaissance aux enfants malades présenté par Mme DELOUIS.

La Roumanie cre@tive présentée par M. NAGY, c’est aujourd’hui un secteur des TIC qui bénéficie du plus grand taux de croissance économique – il dépasse les 20% – avec une contribution de 8% au PIB, des résultats qui permettent à l’ensemble des acteurs du secteur un vrai positionnement en termes de participation à la genèse d’une société du savoir.

Mais c’est aussi une situation qui permet à M. MIHALACHE de souligner l’effort considérable à accomplir sur les chantiers de la cyberculture en termes de création de contenus francophones et à Mme STEFANESCU le rôle de la démarche qui est à l’égard des jeunes celle du Centre d’Etude des Médias et Nouvelles Technologies de Communication – et qui lui permet au travers du Master  » Communication, Médias et Société  » d’être porteur de projets en la matière -.

M. TABI MANGA à partir de son expérience de Recteur de l’université de Yaoudé, mais également aussi à l’Institut pour l’Etude de la Francophonie et de la Mondialisation, a été amené à souligner combien la mondialisation est aujourd’hui précisément une chance pour la francophonie, surtout si des réalisations comme celles présentées par M. OILLO – Campus numériques, Université virtuelle francophone, passeport TIC pour le développement – sont utilisées comme autant d’outils d’ouverture et de dispositifs porteurs de valeurs.

M. De KERCKOVE a souligné avec force le rôle que nous avions tous à jouer dans une mutation dont l’élément clef s’avérait être clairement celui de la mobilité qui nous permet d’être porteurs des technologies et des références dont nous avons besoin à un moment et à un endroit donnés.

Les infotechnologies s’avèrent ainsi porteuses d’une révolution cognitive et d’une recatégorisation des savoirs qui s’avèrent être le défi véritable pour les réseaux sociaux qui se mettent en place sous nos yeux.

Table-ronde n°4 « Le français : langue d’innovation »
En quoi la langue française est-elle porteuse d’innovation ?

Cette table ronde a permis à ses intervenants et participants d’intégrer clairement l’ensemble des présentations et débats précédents afin d’élaborer une prospective du statut même de la langue française et de son ouverture, de sa diversité, de sa capacité de s’adresser aux autres aires culturelles et linguistiques.

M. SICURO souligna que tel était bien l’objectif de l’INTIF (Institut Francophone des Technologies de l’Information et de la Formation) et Mme GARCIA souligna que le Réseau des Villes numériques associé à la célébration la semaine précédente à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie des dix années de constitution de réseaux internationaux entre les acteurs de l’économie du savoir – entendait bien contribuer à porter une telle démarche.

M. MORET mit en exergue l’impérative nécessité d’intégration des ressources francophones – bien trop dispersées et donc difficilement mobilisables -. Le Centre suisse des technologies de l’information se propose donc d’œuvrer à permettre une mutualisation et un partage de ces ressources numériques, pour en faire de véritables actifs pédagogiques pour l’ensemble de la francophonie et mettre pour cela à disposition – en étroite liaison avec tous les partenaires qui le souhaitent – un ensemble de mécanismes et d’outils. M. GAVE a quant à lui à nouveau souligné l’importance de l’initiation aux médias pour les plus jeunes et la création, par eux et pour eux, de journaux francophones au travers par exemple du programme Typo et M. ANCA mit en relief l’importance des nouveaux dispositifs pédagogiques à concevoir à cet égard. M. PRADO montra l’action de l’Union latine pour l’usage du multilinguisme dans le cyberespace et son rôle d’information sur la terminologie. M. PIMIENTA quant à lui fit état des efforts de FUNREDES et du projet REDALC (réseau pour l’Amérique latine et la Caraïbe) en faveur de la diversité culturelle.

M. FISCHER, enfin, entendait porter la parole d’un artiste philosophe sur une langue qui, comme toutes les autres, constitue une image du monde, mais dont la puissance créative, l’imaginaire métaphorique, les vertus conceptuelles et d’équilibre, la dynamique grammaticale et l’exigence critique pouvait rassembler nos contemporains face aux défis de la complexité et des logiques floues.

Les enjeux de nouvelles formes de créativité largement évoquées dans les discussions ont permis d’évoquer des formules telles que celle, bien connue de Cioran : « on n’habite pas un pays, on habite une langue » ou encore de Jean-Marie Borzeix : « Etre écrivain francophone, c’est d’emblée, si on le souhaite, appartenir à un milieu ». De manière générale, les technologies semblent contribuer à de nouvelles noces entre langues et territoires.

A l’heure où l’intelligence collective fait l’objet de bien des débats, de même que tout un vocabulaire en matière de cognition située, Laura Garcia Vitoria soulignait par ailleurs qu’une interrogation que nous pouvons tous poser pouvait être à l’avenir régénérer bien des pratiques de transmission de savoirs et donc les postures linguistiques qui ont vu dans l’innovation leur priorité : n’avons-nous en effet pas la possibilité – en matière d’outils et de structures – de développer, bien plus que nous le faisons et dans les champs de recherche les plus pointus, de véritables communautés francophones de pratiques ?

La langue française pourra alors être aussi vécue dans les années et décennies qui viennent comme une langue adaptée aux nouveaux cercles de l’innovation et des communautés de connaissance qui se développent en ligne. Ce d’autant que, rapportait une participante, le rapport English Next publié le British Council souligne que la prédominance de l’anglais commence à diminuer la compétitivité du Royaume-Uni et des Etats-Unis et que les diplômés anglais unilingues sont confrontés à un avenir économique plus difficile, car les jeunes multilingues qualifiés affichent un avantage compétitif sur les jeunes britanniques au sein des entreprises et des organisations internationales.

Les mutations technologiques et sociologiques contemporaines renvoient à la prise en compte des nécessités linguistiques de la géolocalisation des messages et des échanges, du marquage de l’espace et plus encore d’une structuration de la formulation requise par le web 2.0 et tout ce que nous prépare l’Internet des objet et une société que tous les prospectivistes considèrent comme devant être celle de l’ubiquité. Seule une telle optique permet, aux yeux notamment des participants les plus jeunes à ce Forum, de tracer l’horizon de la francophonie en 2020 et de la sociabilité de ses réseaux sociaux.

Il revint à M. LOECHEL, président du Réseau européen des Villes Numériques – partenaire du Forum -, de conclure sur le constat que cette rencontre a été l’occasion pour l’ensemble des intervenants de se projeter dans le futur et d’assumer pleinement leur rôle de porteurs des projets issus des deux journées : quatre programmes de travail et trois projets complémentaires ont ainsi été présentés dans lesquels le RVN prendrait toute sa part aux côtés de ceux qui les ont formulés.
Il rappela en outre ses propos d’introduction au Forum où il fit état de la question qui lui avait été posée la semaine précédente par une jeune étudiante d’Alexandrie :
 » Pensez-vous qu’avec ces outils et tous les autres jeunes francophones, nous allons pouvoir changer les choses ?  » Avec le public du Forum de Timisoara, le doute n’était plus permis.

Conclusions et recommandations

– Un réseau de mutualisation stratégique des acteurs de la latinité.
Certains chiffres sont souvent cités, mais parfois immédiatement oubliés : ainsi, les langues latines – dont le balkano-roman (roumain) – sont parlées par près de 8% de l’humanité. Pourtant, les collaborations institutionnelles avec les pays des langues latines sont aujourd’hui quasi inexistantes. Il s’agit donc de mettre en oeuvre cette « troisième francophonie », pour cela il apparaît notamment important de maintenir une observation suivie et une veille réelle sur la place de la langue française dans les différents espaces qui sont le reflet direct ou indirect de l’innovation (espaces de l’Internet, sites web des organisations internationales relevantes, publications spécialisées, brevets internationaux…). Une stratégie d’alliance avec les autres langues latines sont précisément à cet égard à construire.

– Une démarche relative à la francophonie face aux médias de demain
La francophonie se montre fort ignorante devant la panoplie d’usages contemporains des outils communicationnels. Les enseignements en la matière de l’Université de Bucarest, tout comme les démarches du CLEMI en France – plus particulièrement tournés vers des publics jeunes – permettent d’ imaginer une utilisation plus efficace. Et surtout de concevoir des expérimentations très concrètes au travers des dispositifs qui caractérisent à l’évidence les médias de demain : bornes installées dans les espaces publics permettant la diffusion de journaux, marquage de l’espace, géo-information, chaînes de programmes sur demande basées sur une infrastructure de géolocalisation, vidéoblogs et réalisation de journaux télévisuels par les habitants… Le CLEMI de Dijon, en liaison étroite avec l’Université de Bucarest et d’autres partenaires, se propose d’être le porteur de ce projet.

– Un club francophone de l’innovation
A été ainsi notamment formulé le souhait – pour reprendre l’expression de M. WOLTON dans son dernier ouvrage  » Demain la francophonie  » (2006) – de création d’un CLUB réunissant notamment les acteurs économiques et technologiques – des représentants de grandes entreprises par exemple – et dont les déclinaisons locales constitueraient – aux côtés de l’ensemble des instances officielles – une source d’opportunités pour tous ceux qui les rejoignent : « créer un espace public francophone, un espace de communication, un rituel commun… La francophonie de demain, c’est aussi des lieux de rencontre, pour que les hommes se retrouvent « .

– Création d’un Institut de la Compétitivité
Il a été retenu l’idée de créer à l’Université Polytechnique de Timisoara un Institut de la Compétitivité s’adressant à l’ensemble de la francosphère. Il est impérieux pour le monde francophone de quitter une image centrée sur la création culturelle. Au moment même où s’est structurée progressivement la francophonie, est en effet apparu – et de manière de plus en plus forte au cours de ces dernières années – une nouvelle géographie économique où les clefs du développement territorial se trouvent là où se concentrent les instances de formation, les laboratoires, les entreprises et où a su se déployer précisément une vraie gestion de l’identité patrimoniale et culturelle. Les acteurs multiples de ces nouveaux territoires de la connaissance recherchent aujourd’hui modèles et références pour leurs analyses et leurs projets : il apparaît ainsi impératif de leur proposer un espace privilégié de collaborations et de synergies.

ANNEXE : AUTRES PROJETS PRESENTES1 – Le blogdor
Le projet est organisé afin de primer les meilleurs blogs francophones dans les catégories  » politique « ,  » culture « ,  » formation  » et  » vécu « . Il s’agit d’un encouragement à la réalisation de blogs qui sont d’une incontestable qualité s’agissant du contenu, de la présentation, de la mise à jour et de la fréquentation. Un jury international est constitué (maximum 7 personnes) pour sélectionner les nominés et attribuer un prix aux meilleurs blogs. La remise des prix a lieu lors d’un événement important pour la Francophonie, par exemple à l’occasion du sommet de la Francophonie qui se tiendra à Bucarest en septembre 2006. educa.ch est mandaté par la Fondation Milton Ray Hartmann pour organiser le prix La Souris d’Or(r). educa.ch a ainsi la compétence nécessaire pour mettre rapidement en place une structure simple et efficace pour l’organisation du blogdor (www.sourisdor.ch / http://blog.sourisdor.ch ). Le porteur du projet est Francis Moret, directeur de l’Institut suisse des médias pour la formation et la culture.2 – Un accès facilité aux ressources pédagogiques électroniques de langue française
Aujourd’hui, il y a déjà une grande richesse et une grande variété de contenus et de ressources pédagogiques en français mis à disposition des enseignants via Internet, mais parallèlement à cette richesse, on constate également une grande dispersion qui rend difficile l’accès à ces ressources. Pour offrir un accès aisé à ces ressources, pour permettre une mutualisation et un partage de celles-ci, pour en faire de véritables actifs pédagogiques pour l’ensemble de la francophonie, un ensemble de mécanismes et d’outils doivent être mis en place de manière coordonnée, pragmatique et fonctionnelle. Pour atteindre cet objectif, les partenaires du projet développent un modèle et lancent un projet pilote pour faciliter l’inventaire, la sélection, la description et l’indexation normalisée des contenus et des ressources pédagogiques existantes. Le ministère de l’éducation, du loisir et du sport du Québec est un partenaire de ce projet, parmi d’autres actuellement contactés.3 – Nous attendons le projet qui sera porté par la Maison des Sciences de l’Homme de Paris, projet relatif aux usages innovants des outils de la mobilité et qui devrait nous être communiqué dans les prochains jours (voir compte-rendu de l’atelier 2).
Après le Forum de Timisoara  » Francophonie et nouvelles technologies « PROJETS ET PROPOSITIONSCe ne sont pas tant des entités nouvelles qui ont été proposées au titre des projets issus du Forum – la francophonie en est déjà fort riche – que des outils concrets de réflexion, de travail et d’action.
Ont ainsi été évoqués au travers des quatre ateliers organisés dans le cadre du Forum :
1 – un club de l’innovation francophone
2 – une démarche relative à la francophonie face aux médias de demain
3 – un consortium francophone des pôles de compétitivité.
4 – un réseau de mutualisation stratégique des acteurs de la latinité
D’autres propositions ont par ailleurs été formalisées par certains des intervenants que l’on trouvera en annexe de cette présentation.I – Un club francophone de l’innovation

Plusieurs intervenants – tunisiens, marocains et canadiens notamment – ont eu l’occasion de souligner dans le cadre du Forum combien certaines réunions internationales qui se sont déroulées tout au long de l’année 2005 autour des enjeux de mise en œuvre des technologies de l’information et de la connaissance fournissent de fait à la francophonie des occasions nouvelles de repositionnement comme instance regroupant d’abord et avant tout des acteurs de l’innovation. A été ainsi notamment formulé le souhait – pour reprendre l’expression de Dominique Wolton dans son dernier ouvrage  » Demain la francophonie  » (2006) – de création d’un CLUB réunissant notamment les acteurs économiques et technologiques – des représentants de grandes entreprises par exemple – et dont les déclinaisons locales constitueraient – aux côtés de l’ensemble des instances officielles – une source d’opportunités pour tous ceux qui les rejoignent :  » créer un espace public francophone, un espace de communication, un rituel commun…La francophonie de demain, c’est aussi des lieux de rencontre, pour que les hommes se retrouvent « . Les porteurs de ce projet devraient être les instances représentées par les intervenants des pays évoqués et singulièrement en ce qui concerne la Tunisie – aux côtés de plusieurs autres participants au Forum – : une première présentation plus détaillée du projet devrait être prête pour la fin du mois d’avril.

II – Un consortium francophone des pôles de compétitivité.

L’Université Polytechnique de Timisoara a proposé aux participants du Forum de rapprocher les acteurs des pôles de compétence et de compétitivité qui se développent aujourd’hui dans le monde francophone. Cette proposition – symbolisée par l’idée de créer à Timisoara même un Institut de la compétitivité s’adressant à l’ensemble de la francosphère – a été d’emblée reprise avec enthousiasme dans le cadre de nombreuses conversations au moment même du Forum, mais également dans les journées qui s’en sont suivies. Cet accueil s’explique par un consensus absolu sur l’impérieuse nécessité pour le monde francophone de quitter une image centrée sur la création culturelle. Au moment même où s’est structurée progressivement la francophonie, est en effet apparu – et de manière de plus en plus forte au cours de ces dernières années – une nouvelle géographie économique où les clefs du développement territorial se trouvent là où se concentrent les instances de formation, les laboratoires, les entreprises et où a su se déployer précisément une vraie gestion de l’identité patrimoniale et culturelle. Les acteurs multiples de ces nouveaux territoires de la connaissance recherchent aujourd’hui modèles et références pour leurs analyses et leurs projets : il apparaît ainsi impératif de leur proposer un espace privilégié de collaborations et de synergies. Le porteur de ce projet est donc l’Université Polytechnique et le RVN entend apporter lui apporter tout son concours afin d’optimiser la pertinence d’un tel portage – au travers par exemple d’une mise en relation en France avec la Délégation Interministérielle de l’Aménagement et de la Compétitivité des Territoires, ainsi qu’avec des institutions de même nature dans d’autres pays francophones.

III – Une démarche relative à la francophonie face aux médias de demain

La francophonie se montre fort ignorante devant la panoplie d’usages contemporains des outils communicationnels. Les enseignements en la matière de l’Université de Bucarest, tout comme les démarches du CLEMI en France – plus particulièrement tournés vers des publics jeunes – permettent d’un imaginer une utilisation plus efficace. Et surtout de concevoir des expérimentations très concrètes au travers des dispositifs qui caractérisent à l’évidence les médias de demain : bornes installées dans les espaces publics permettant la diffusion de journaux, marquage de l’espace, géo-information, chaînes de programmes sur demande basées sur une infrastructure de géolocalisation, vidéoblogs et réalisation de journaux télévisuels par les habitants…Le CLEMI de Dijon, en liaison étroite avec l’Université de Bucarest et d’autres partenaires, se propose d’être le porteur de ce projet.

IV – Un réseau de mutualisation stratégique des acteurs de la latinité.

Certains chiffres sont souvent cités, mais parfois immédiatement oubliés : ainsi, les langues latines – dont le balkano-roman (roumain) – sont parlées par près de 8% de l’humanité. Pourtant, les collaborations institutionnelles avec par exemple la Communauté des pays de langue portugaise et le Secrétariat général ibéro-americain sont aujourd’hui quasi inexistantes. Il s’agit donc de mettre en oeuvre cette  » troisième francophonie  » si souvent évoquée ces dernières semaines et pour cela il apparaît notamment important de maintenir une observation suivie et une veille réelle sur la place de la langue française dans les différents espaces qui sont le reflet direct ou indirect de l’innovation (espaces de l’Internet, sites web des organisations internationales relevntes, publications spécialisées, brevets internationaux…)

Une stratégie d’alliance avec les autres langues latines sont précisément à cet égard à construire. Il serait opportun pour cette tâche de s’appuyer sur les structures existantes (Arenotech, Observatoire de Funredes, Réseau Constellation W, Réseau mondial de la diversité linguistique, Union Latine…) et d’encourager dans ce cadre la coopération entre ces structures. FUNREDES et ARENOTECH peuvent porter ce projet.