Le Réseau européen des Villes Numériques est une association qui contribue à la création de la Fondation des Territoires de Demain.

L’objectif du RVN est de créer synergies et collaborations en matière de mise en œuvre des technologies de l’information et de la connaissance, afin de favoriser à l’échelle des territoires accès au savoir et interactivité sociale, culturelle et professionnelle. Concrètement, nous nous efforçons de mettre à la disposition de tous les acteurs territoriaux l’information utile au succès de leurs projets et de contribuer à toutes formes de collaboration entre territoires et acteurs du développement local afin qu’elles puissent profiter des bonnes pratiques existantes et par là même les prendre en compte tout en les adaptant à la gestion de leur propre identité. Une telle collaboration a d’ores et déjà porté ses fruits. En effet, des programmes comme ceux des villes et territoires de la connaissance se développent ainsi un peu partout dans le monde!

Le Réseau des Villes Numériques a pour vocation de rassembler à partir de 2013 les collectivités territoriales disposant d’un quartier numérique, d’un espace de manière générale dédié à l’économie de la connaissance et notamment de laboratoires tels que Living Labs, Media Labs, Fab Labs ou tous autres espaces d’innovation.

Les quartiers numériques

Aux côtés des nombreux «Hotspots of Knowledge» développés dans des pays européens, en France les préconisations de la mission de préfiguration dédiée aux quartiers numériques confiée à la Caisse des Dépôts viennent de faire l’objet d’une brève synthèse qui sera considéré ici comme le point de départ de nos échanges. C’est dans cette direction que depuis 1997 notre Réseau a milité en faveur de polarisations de compétences et de cartographies des savoirs (à l’instar de celle de Madrid).

Pôles de compétence et flux cognitifs

On soulignera également les futurs axes de collaboration entre ces nouveaux territoires que le Réseau entend permettre et accompagner au travers de méthodologies déjà mises en oeuvre. A de multiples reprises en effet, des travaux récents ont souligné l’importance pour les polarités territoriales de compétence de gérer ente eux les flux cognitifs qui seront leurs vrais vecteurs de compétitivité et d’attractivité face notamment aux nouveaux acteurs de l’économie numérique et des écosystèmes qu’ils contribuent à créer.

Des écosystèmes aux logiques nouvelles

Notons à cet égard que l’hyperlocalité des écosystèmes numériques – de même d’ailleurs que plusieurs autres de leurs caractéristiques – est souvent vue, à l’instar de nos critères rationnels traditionnels, comme un paradoxe et non comme une logique nouvelle intégrant l’ubiquité qui caractérise a priori la localisation des acteurs. Il en est de même des perceptions temporelles là encore d’avantage cohérentes que paradoxales avec une rapidité dans les conceptions et les usages qui – très naturellement – éprouve un vrai besoin de permanence dans les cadres de développement des entreprises. Il en est de même encore avec ce qui est perçu comme un autre paradoxe, d’apparence darwinienne quant à lui, qui opposerait les innovations disruptives qui nous sont chères au(x) temps des investissements, alors que précisément l’innovation ouverte et de rupture requiert en la matière des réseaux on ne peut plus agiles !

L‘enseignement d’une cartographie des « tiers lieux »

S’il est un acquis aujourd’hui de la cartographie des «lieux» qui représentent l’économie de demain et des espaces qui reflètent les options économiques et sociales des choix contemporains qui s’imposent à nos territoires, c’est bien l’articulation entre savoir et innovation, leurs relations et leurs interactions diverses.
Depuis deux décennies en effet – et les principaux travaux publiés en la matière nous fournissent clairement le reflet d’une telle chronologie -, on n’a cessé de souligner l’importance croissante du savoir dans les activités professionnelles et son incorporation dans les produits et les services. On se rappellera à cet égard en effet la fameuse définition de Nonaka pour qui l’innovation est un processus par lequel l’organisation crée et définit des problèmes, puis développe de nouvelles connaissances pour les résoudre. On citera aussi l’analyse de Jean-Pierre Bouchez qui montre dans son dernier ouvrage dédié précisément à l’économie du savoir que «cette articulation entre savoir et innovation apparaît le plus souvent sous forme d’une combinaison résultant de la rencontre (formelle, informelle, accidentelle…) d’acteurs porteurs de savoirs et d’expériences différenciés ou complémentaires et d’organisations formelles (institutions universitaires, entreprises, laboratoires… ou moins formelles (communautés professionnelles, réseaux professionnels…)». N’est-ce pas précisément là la définition même des Living Labs et en tout cas d’une activité essentielle des quartiers numériques?

Carte des incubateurs de Paris